• Cadeau du Grand Prieur du Lyonnais

    Notre Père

     * 07 06 - Notre Père chanté par Andrea Bocelli

    SE Roger D. a souhaité nous faire partager un enregistrement exceptionnel du "Notre Père" par Andrea Bocelli, accompagné par le Chœur Mormon du Tabernacle, l'un des chœurs les plus anciens au monde.

    Dans ce grand auditoire se trouve l'orgue du Tabernacle qui se compose de 11 623 tubes dont quelques tubes dorés sont taillés à la main dans du bois provenant d'arbres de l'Utah. Dix tubes de l'orgue original, construit en 1867, fonctionnent encore à ce jour.

    Vous apprécierez certainement la beauté du lieu, la tenue du chœur, l'orgue monumental et la voix d'Andrea BOCELLI.

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    Mise en page par le Frère Grand Chancelier Prieural de Belgique


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  •  * 23 - Exaltation de la Sainte-Croix

    Introduction

    Les calendriers liturgiques chrétiens comportent différentes fêtes de la Croix qui célèbrent toutes la Croix ayant servi à la crucifixion de Jésus-Christ. Alors que le Vendredi saint commémore la Passion du Christ et sa crucifixion, ces jours de fête honorent la Croix elle-même comme instrument du Salut.

    Avant 1960, l’Eglise de Rome fêtait chaque 3 mai l’invention de la Sainte Croix. Cette fête a été supprimée par Jean XXIII en 1960. C’était l’anniversaire du retour de la Sainte Croix à Jérusalem par Héraclius en 630. Par un glissement de mémoire, la fête du 3 mai devint celle de la découverte de la Sainte Croix par Sainte Hélène en 320.

    Selon une tradition largement répandue, la Vraie Croix fut découverte en 326 par sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin le Grand, lors d'un pélerinage qu'elle fit à Jérusalem. Par ordre d'Hélène et de Constantin, l'église du Saint-Sépulcre fut bâtie sur le lieu de la découverte. L'église, conservant une portion de la Croix, fut consacrée neuf ans plus tard. Une légende raconte qu'en 614, cette relique fut dérobée et emportée par les Perses. Reconquise en 618 par l'empereur byzantin Héraclius, elle fut d'abord rapportée à Constantinople puis renvoyée plus tard à Jérusalem.

    L’Eglise de Rome commémore donc aujourd’hui la consécration de l'église du Saint-Sépulcre en 335. A l’époque la fête se déroula sur deux jours : l'église fut consacrée le 13 septembre tandis que la relique de la Croix fut extraite de l'église le 14 septembre et présentée à l'adoration des fidèles.

    La date du 14 septembre a été retenue pour commémorer l’événement d’Héraclius. Cette fête s'appelle en grec ancien « Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix » et en latin : Exaltatio Sanctae Crucis, parce que son rite principal consistait en une ostension solennelle d'une relique de la vraie croix. Ce geste manifestait devant tous que la Croix est glorieuse parce qu'en elle la mort est vaincue par la vie.

     * 23 - Exaltation de la Sainte-Croix

    Exaltation de la Sainte-Croix

    Sens de la fête

    Chers Frères et Sœurs,

    Le 14 septembre, l’Église célèbre la fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix. Un non-chrétien pourrait nous demander : pourquoi « exalter » la croix ? Nous pouvons répondre que nous n’exaltons pas une croix quelconque, ou toutes les croix : nous exaltons la Croix de Jésus, parce qu’en elle s’est révélé au plus haut point l’amour de Dieu pour l’humanité. C’est ce que nous rappelle l’Évangile de Jean dans la liturgie d’aujourd’hui : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (3, 16). Le Père a « donné » son Fils pour nous sauver, et cela a comporté la mort de Jésus et sa mort sur la croix. Pourquoi ? Pourquoi la Croix a-t-elle été nécessaire ? À cause de la gravité du mal qui faisait de nous des esclaves. La Croix de Jésus exprime ces deux choses : toute la force négative du mal, et toute la douce toute-puissance de la miséricorde de Dieu. La Croix semble décréter l’échec de Jésus, mais en réalité, elle marque sa victoire. Sur le Calvaire, ceux qui se moquaient de lui disaient : « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix » (cf. Mt 27, 40). Mais c’est l’inverse qui était vrai : c’est justement parce qu’il était le Fils de Dieu que Jésus était là, sur la croix, fidèle jusqu’à la fin au dessein d’amour du Père. Et c’est justement pour cela que Dieu a « exalté » Jésus (Ph 2, 9), en lui conférant une royauté universelle.

    Et quand nous tournons notre regard vers la croix où Jésus a été cloué, nous contemplons le signe de l’amour, de l’amour infini de Dieu pour chacun de nous et la racine de notre salut. De cette Croix jaillit la miséricorde du Père qui embrasse le monde entier. Par la Croix du Christ le malin est vaincu, la mort est défaite, la vie nous est donnée, l’espérance rendue. Cela est important : par la Croix du Christ, l’espérance nous est rendue. La Croix de Jésus est notre unique espérance véritable ! Voilà pourquoi l’Église « exalte » la Sainte-Croix, et voilà pourquoi nous, chrétiens, nous bénissons avec le signe de croix. C’est-à-dire que nous n’exaltons pas les croix, mais la Croix glorieuse de Jésus, signe de l’amour immense de Dieu, signe de notre salut et de notre chemin vers la Résurrection. Telle est notre espérance.

    Et quand nous contemplons et que nous célébrons la Sainte-Croix, nous pensons avec émotion à nos nombreux frères et sœurs qui sont persécutés et tués à cause de leur fidélité au Christ. C’est ce qui arrive en particulier là où la liberté religieuse n’est pas encore garantie ou pleinement réalisée. Mais cela arrive également dans des pays et des milieux qui, en principe, protègent la liberté et les droits humains, mais où concrètement les croyants, et en particulier les chrétiens, connaissent des restrictions et des discriminations. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous nous souvenons d’eux et nous prions de manière particulière pour eux.

    Pape François - Dimanche 14 septembre 2014

     * 23 - Exaltation de la Sainte-Croix

    Le 14 septembre, la liturgie de l'Église nous invite donc à fêter avec joie l'objet de notre Salut : la Croix. La Croix du Christ est un lieu de salut, elle est source de tout salut possible : tous ceux auxquels le salut est offert, même non-chrétiens, s’ils sont sauvés, ils le seront uniquement par la Croix du Christ, et non sans la participation à la médiation ecclésiale.

     * 23 - Exaltation de la Sainte-Croix

    « Nous célébrons la fête de la Croix, de cette Croix qui a chassé les ténèbres et ramené la lumière. Nous célébrons la fête de la Croix et, avec le Crucifié, nous sommes portés vers les hauteurs, nous laissons sous nos pieds la terre et le péché pour obtenir les biens du ciel. Quelle grande chose que de posséder la Croix : celui qui la possède, possède un trésor. Je viens d'employer le mot de trésor pour désigner ce qu'on appelle et qui est réellement le meilleur et le plus magnifique de tous les biens; car c'est en lui, par lui et pour lui que tout l'essentiel de notre Salut consiste et a été restauré pour nous. En effet, s'il n'y avait pas eu la Croix, le Christ n'aurait pas été crucifié, la vie n'aurait pas été clouée au gibet et les sources de l'immortalité, le sang et l'eau qui purifient le monde, n'auraient pas jailli de son côté, le document reconnaissant le péché n'aurait pas été déchiré, nous n'aurions pas reçu la liberté, nous n'aurions pas profité de l'arbre de vie, le Paradis ne se serait pas ouvert ! S'il n’y avait pas eu la Croix, la mort n'aurait pas été terrassée, l'Enfer n'aurait pas été dépouillé de ses armes. La Croix est donc une chose grande et précieuse. Grande, parce qu'elle a produit de nombreux biens, et d'autant plus nombreux que les miracles et les souffrances du Christ ont triomphé davantage. C'est une chose précieuse, parce que la Croix est à la fois la souffrance et le trophée de Dieu. Elle est sa souffrance, parce que c'est sur elle qu’il est mort volontairement; elle est son trophée, parce le diable y a été blessé et vaincu, et que la mort y a été vaincue avec lui ; les verrous de l'Enfer y ont été brisés, et la Croix est devenue le Salut du monde entier. La Croix est appelée la gloire du Christ, et Son Exaltation. On voit en elle la coupe désirée, la récapitulation de tous les supplices que le Christ a endurés pour nous ».

    St André de Crète (660 - 740)

     * 23 - Exaltation de la Sainte-Croix

    Mieux comprendre le sens de la fête de la Croix glorieuse

    Dans la symbolique chrétienne, la croix présente un double visage. Dans le contexte de la passion et de la mort violente de Jésus, les évangiles évoquent la croix en tant qu'instrument de torture et gibet d'infamie. A cet égard, la croix ne mérite évidemment pas de devenir un objet de vénération.

    Très tôt, les chrétiens ont vu dans la croix, plutôt qu'un accessoire meurtrier, l'image du sacrifice par lequel Jésus nous affranchit du péché et de la mort. L'apôtre Paul, déjà, écrit en conclusion de son épître aux Galates : « Pour moi, il n'y a pas d'autre titre de gloire que la croix de notre Seigneur Jésus-Christ » (6.14). Dans l'hymne au Christ qui ouvre l'épître aux Colossiens, on peut lire : « II a plu à Dieu de faire habiter (en son Fils) toute la plénitude et de tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, ayant établi la paix par le sang de sa croix » (1,20; cf. 2,13-15). En ce sens, la croix du Christ peut être dite « glorieuse » : telle est la signification de la fête d'aujourd'hui.

    La Croix – Questions de vie – Questions de foi

    Analyse de la liturgie de ce jour

    1ère lecture : Nombres 21, 4b-9 : Le serpent d'airain

     * 23 - Exaltation de la Sainte-Croix

    En ces jours-là, les Hébreux quittèrent Hor-la-Montagne par la route de la mer des Roseaux en contournant le pays d'Edom. Mais en chemin, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d'Egypte? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n'y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! ».

    Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d'Israël.

    Le peuple vint vers Moïse et dit :

    « Nous avons péché en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu'il éloigne de nous les serpents ».

    Moïse intercède pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d'un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu'ils le regardent, alors ils vivront ! ».

    Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu'il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie ! ».

    Texte fourni par l’Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones

    Psaume : (Ps 77 (78), 3-4a.c, 34-35, 36-37, 38ab.39)

    R/ N’oubliez pas les exploits du Seigneur ! (cf. Ps 77, 7b)

    Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté ; nous le redirons à l’âge qui vient, les titres de gloire du Seigneur.

    Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient, ils revenaient et se tournaient vers lui : ils se souvenaient que Dieu est leur rocher, et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur.

    Mais de leur bouche ils le trompaient, de leur langue ils lui mentaient.

    Leur cœur n’était pas constant envers lui ; ils n’étaient pas fidèles à son alliance.

    Et lui, miséricordieux, au lieu de détruire, il pardonnait.

    Il se rappelait : ils ne sont que chair, un souffle qui s’en va sans retour.

    Texte fourni par l’Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones

    Épitre : « Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté »

    Lecture de la Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 2, 6-11)

    Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.

    C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus-Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

    – Parole du Seigneur –

    Texte fourni par l’Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones

     * 23 - Exaltation de la Sainte-Croix

    Évangile : « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé ».

    Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 3, 13-17)

    En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

    – Acclamons la Parole de Dieu –

    Texte fourni par l’Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones

     * 23 - Exaltation de la Sainte-Croix

    Commentaire général :

    Les Israélites sont en pleine crise. Leur situation n’est ni réjouissante ni confortable. Leur objectif est d’arriver à Canaan. Ils sont obligés de faire de nombreux déplacements en traversant des pays. Cependant, cela n’a pas été facile. Il ne leur a pas été permis de traverser justement les pays sur leur passage. Alors il fallait combattre : il y a eu des guerres entraînant des morts, des douleurs, des souffrances. Le peuple était fatigué. Le peuple en avait marre. Ils estiment qu’ils ne doivent pas encore continuer ainsi. Alors ils se plaignent en critiquant Dieu et Moïse. Ils ont osé critiquer Dieu ! Et Dieu a réagi.

    Il paraît que des serpents ont été envoyés pour mordre le peuple et beaucoup sont morts.

    Dieu ne comprend-il pas que le peuple peut être désorienté. Dieu ne supporte-il pas les critiques de son peuple ? Pour sauver les Israélites restants, il a fallu faire un autre serpent en métal pour que vivent ceux qui le regardent. Moïse sous l’ordre de Dieu ayant entendu la supplication du peuple, fit fabriquer un serpent en bronze qu’ils doivent voir. Le serpent fut attaché à un poteau. C’est beaucoup plus visible. En métal pour qu’il brille et attire l’attention de tous.

    Ce Livre des Nombres 21 raconte comment fut le désarroi des Israélites et comment ils ont été sauvés.

    Comment se fait-il que le serpent a un rôle dans la littérature biblique. Il a été toujours accusé comme déroutant et mauvais, mais aussi et surtout « rusé ». Souvenez-vous de ce qui s’est passé avec Eve. Cela n’a pas plu à Dieu ce qui s’est passé avec elle. Elle a perdu le contrôle de la recommandation qui lui a été faite. L’humanité entière a été affectée.

    Dans ce chapitre des Nombres, il est rappelé que les serpents ont donné la mort. L’homme meurt, une fois qu’il a été touché par le serpent. Mais incroyablement, le Serpent va jouer un rôle extraordinaire car il va prendre part au salut de l’homme.

    Ce serpent, cet animal que beaucoup redoute, n’est pas si mauvais que nous le pensons. Car cet animal, rusé sera le porteur aussi d’une pointe de révélation dans la relation entre Dieu et l’homme.

    Il y a fort longtemps j’ai lu dans un petit article : « Le serpent est-il cet animal qui s’est glissé sous l’oreille d’un homme. Après l’avoir sucé à cet endroit, l’homme fut guéri. De cela vient l’image du serpent autour d’un bâton pour le logo médical et pharmaceutique. Le serpent est-il une espèce de guérisseur ? ». Mythe, croyance ?

    Mais revenons à ces images assez fortes.

    Ce serpent en bronze va donner la vie aux autres. C’est tellement inattendu. Rien qu’à le regarder, on est sauvé de la mort. L’homme peut vivre.

    Le changement se fait dans l’immédiat, dès qu’on regarde le serpent en bronze. Ainsi : les mauvais serpents sont remplacés par un bon et l’homme mourant regardant le serpent en bronze ne meurt pas.

    Le serpent est de la famille de ces animaux toujours en mutation. Cela fait peur car on passe par la mort pour se transformer. Mais c’est aussi une bonne nouvelle. Telle qu’une chenille qui sort de son cocon, va mourir en devenant un papillon pour une nouvelle vie.

    Alors les critiques des israélites paraissant négatives, sont devenus positives car cette réaction qui a permis de découvrir le rôle du serpent en bronze.

    Dans l’Épître aux Philippiens, Paul dit que : Il a obéi jusqu’à la mort. Et il est mort sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a placé très haut et il lui a donné le nom au-dessus de tous les autres noms. Il parle de Jésus mort sur la croix. Que tous ont vu. Cette foule qui l’a vu, représente la terre entière. Il est mort sur la croix. Mais il a été reconnu par le soldat qui criait : cet homme est vraiment Fils de Dieu. En le regardant, il parle à la place de toute l’humanité. Ce regard vers le Christ lui a ouvert les yeux et il a reçu le salut. Tout a changé pour lui. On peut imaginer que celui qui n’a pas cru au Christ est mort. Dans le cas contraire il vit.

     * 23 - Exaltation de la Sainte-Croix

    L’Évangile de Jean nous rappelle l’histoire du peuple d’Israël et le serpent en métal lorsque Nicodème s’entretient avec Jésus. Il discute d’un sujet très profond : la nouvelle naissance. Encore une fois est abordée l’histoire du Serpent du temps de Moïse. Plusieurs siècles après, et jusqu’à maintenant c’est un sujet ayant toujours de l’importance. . Jésus mort sur la croix, en tant que Christ donne la vie à l’homme. Ce changement se fait lorsque l’homme rencontre le Christ. L’homme naît de nouveau. C’est une vraie mutation.

    Dans le Livre des Nombres, dans les épîtres aux Philippiens, il fallait regarder le poteau ou la croix pour avoir la vie sauve. On reconnaît Dieu comme Sauveur, le Christ comme Seigneur.

    Dans l’Évangile de Jean, il est dit : «  Tous ceux qui croient en Lui ne se perdront pas loin de Dieu, mais ils vivront avec lui pour toujours ». Ils auront la vie sauve.

    C’est formidable. Combien l’espérance est grande. Elle n’est pas morte pour toutes les générations futures.

    Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde, pour condamner le monde, mais il l’a envoyé pour qu’il sauve le monde.

    Dans cette crise des israélites, le jugement comporte deux points : condamner et innocenter. C’est clair Dieu n’a pas envoyé son Fils pour condamner le monde.

    C’est la preuve aussi que Dieu aime le monde, Dieu nous aime, Dieu aime chaque être humain.

    Malgré le combat terrestre que l’homme doit mener car sur son chemin de nombreux serpents venimeux sont prêts à le mordre. Dieu ne l’abandonne pas car il met en place un beau projet : la croix ; où le salut va se réaliser : une action folle pour l’homme mais une sagesse pour Dieu. L’espérance au salut pour l’homme ne peut pas s’éteindre.

    Les serpents venimeux existent et existeront toujours là où l’église doit se déplacer et traverser de nombreux chemins dans le monde. La promesse de Dieu est claire dans l’Évangile de Jean. Celui croit en moi vivra même s’il serait mort.

    Dans notre monde d’aujourd’hui, de nombreux serpents venimeux veulent encore nous tuer. Ils rendent l’homme malheureux et souffrant : vol, mensonge, colère, orgueil, guerre, maladie, idolâtries comme l’argent, la richesse et les maladies spirituelles le harcèlement de l’autre, la jalousie, tout cela c’est comme du poison qui tue l’homme petit à petit ou à grande vitesse.

    Or Dieu a préparé quelque chose de merveilleux pour l’homme pour s’en sortir c’est d’envoyer son Fils pour le sauver, le guérir de tous ces maux grâce à son amour. Cet amour éternel ne change pas. Il sauve l’homme, lui rend le bonheur, lui donne la vie en disant qu’il est enfant de Dieu. Car l’homme comme le Christ doit obéir à Dieu.

    Julia Rafenonirina

    Un dernier commentaire :

    L'Évangile de la fête joue sur le double sens du verbe « élever » : élever sur la croix et élever dans la gloire. La référence à Moïse et au serpent d'airain sert ici de parabole prophétique. Dans un autre passage du quatrième Évangile, Jésus déclare ; « Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes », et l'Évangéliste d'ajouter : « Par ces paroles, il indiquait de quelle mort il allait mourir » (12,32-33). En même temps qu'elle donne la mort, la crucifixion symbolise la victoire sur la mort.

    La Croix – Questions de vie – Questions de foi

     * 23 - Exaltation de la Sainte-Croix

    Conclusion : La « Croix glorieuse »

    Lorsque Jésus en fut chargé pour monter au calvaire, sa croix n'avait rien de glorieux, c'était l'instrument de supplice le plus avilissant. Paul, comme citoyen romain (Ac 22,25}, avait eu droit à la forme la plus élégante de mise à mort, l'épée. Mais Jésus n'était qu'un vulgaire condamné, livré à l'occupant romain. Ce fut la grande prouesse de Dieu, que de transformer cet odieux instrument de supplice en croix glorieuse, par la résurrection. Même la croix du bon larron devint glorieuse, car elle fut, elle aussi, porte d'entrée du paradis (Lc 23,43).

    Les croix des premières églises étaient glorieuses, comme celle que l'empereur Constantin aperçut dans sa vision. C'était une croix de lumière, signe de résurrection. Plus tard, lorsqu'on représenta le Christ en croix, c'était d'abord comme ressuscité, ou dans l'habit du grand prêtre (He 4,14-15).

    Au Moyen-Age, les misères des populations incitèrent à exprimer la solidarité de Jésus avec les souffrances humaines. De symbolique, l'image devint réaliste. Mais le temps est venu de représenter à nouveau le Christ ressuscité et glorieux sur les croix de nos églises.

    Article paru dans « Signes d'aujourd'hui »

    Synthèse de recherches mise en page par le Frère André B.

    Références :

    http://www.introibo.fr/14-09-Exaltation-de-la-Ste-Croix

    https://w2.vatican.va/content/francesco/fr/angelus/2014/documents/papa-francesco_angelus_20140914.html

    https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAtes_de_la_Croix

    http://notredamedesneiges.over-blog.com/article-3833036.html

    https://nominis.cef.fr/contenus/saint/1850/Exaltation-de-la-sainte-Croix.html

    https://croire.la-croix.com/Definitions/Fetes-religieuses/Croix-glorieuse/14-septembre-pourquoi-feter-la-Croix-glorieuse

    http://luciole-83.eklablog.com/les-nombres-21-4-9-les-serpents-dans-le-desert-a115144014

    http://erfboissy.free.fr/cultes-julia/serpent-airain.htm

    https://www.aelf.org/2018-09-14/romain/messe


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                                 Lien vers 23 : Exaltation de la Sainte-Croix  Publié le 14 septembre 2018

                                 Lien vers 24 : Le Rosaire et le chapelet  Publié le 30 septembre 2021

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    Pour le Conseil prieural, 

    le Frère André B., Grand Chancelier Prieural


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  • Les sacrements

    Introduction

     * 04 - Les sacrements

    L’Esprit-Saint prépare aux sacrements par la Parole de Dieu. Les sacrements fortifient et expriment la foi, leur fruit, s’il est d’abord personnel contribue à la communion de toute l’Église « une âme qui s’élève, élève le monde ».

    Les sacrements sont des signes visibles du don gratuit (la grâce) de Dieu, institués par le Christ et confiés à l’Église. Par les sacrements, le croyant entre et participe à la vie divine. Les rites visibles (eau, imposition des mains, onction …) sous lesquels les sacrements sont célébrés, signifient et réalisent les grâces propres de chaque sacrement (pardon de Dieu, vie de Dieu par le baptême, service des frères par l’ordination…). Les sacrements jalonnent la vie chrétienne. Mais que sont-ils ?

    Qu’est-ce qu’un sacrement ?

    Les sacrements sont les signes sensibles et efficaces de la grâce, les témoins visibles que le Christ est présent au milieu de nous pour nous vivifier et nous guérir.

    • Un signe sensible de la présence du Christ

    Un sacrement est un signe sensible qui permet de nous rendre compte de la présence de Dieu au milieu de nous. Nous ne sommes pas uniquement des êtres de raison, nous avons un corps. Nous avons besoin de voir, de toucher, comme les gens du temps de Jésus n’hésitaient pas parfois à le toucher pour être guéri (voir Marc 5, 25-30) !

    Jésus n’est plus visible aujourd’hui, mais le Christ ressuscité est bien présent auprès de nous, et les sacrements sont des signes, donnés par son Église, de cette présence.

    • Un signe efficace qui nous transmet la force du Christ

    Plus que des signes, les sacrements sont des forces qui sortent du corps du Christ, toujours vivant, pour nous guérir et nous vivifier. Au nombre de sept, ils n’ont qu’un seul but : donner la vie et la donner en abondance. À travers eux, Dieu lui-même se donne à nous.

    On dit que le signe du sacrement réalise la grâce qu’il signifie. Par exemple, l’eau versée trois fois sur le candidat au baptême, accompagnée des paroles « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », a comme effet immédiat d’effacer en lui la marque du péché originel, de l’absoudre de ses péchés personnels s’il y a lieu, et de le faire renaître à une vie nouvelle, dans le Christ.

    Les sacrements nous rappellent que la Parole de Dieu est efficace. « Jésus dit : va, tes péchés sont pardonnés » (Marc 2, 5) : ce qu’il dit, sa parole le réalise effectivement et immédiatement. Dans les sacrements se manifeste cette même efficacité, même si celle-ci est invisible à nos yeux : l’hostie a toujours les apparences du pain, le confirmé est toujours le même physiquement… C’est avec les yeux de la foi que nous pouvons voir la transformation opérée.

    Signes extérieurs de la grâce intérieure, les sacrements correspondent à la nature humaine, à la fois spirituelle et sensible. Des gestes, des paroles, des symboles sont utilisés tout au long de la liturgie sacramentelle car, en tant qu’être humain, nous avons besoin de voir, d’entendre, de toucher et de sentir.

    A travers ces actes d’Église que sont les sacrements, ce sont les actes du Christ qui continuent : les sacrements tirent leur source des gestes mêmes du Christ.

    Quand l’Église baptise, confirme, réconcilie, célèbre l’Eucharistie, c’est Dieu lui-même qui baptise, confirme… C’est le Christ qui agit dans les sacrements par l’intermédiaire des ministres de l’Église et son action est fondée sur les mystères de la vie de Jésus le Christ parmi nous.

    Les sacrements sont des actes qui nous unissent au Christ par l’action de l’Esprit-Saint : ils relient les hommes à Dieu mais aussi à leurs frères. En nous permettant d’être en communion avec Dieu mais aussi avec nos frères, ils nous font entrer dans le Corps du Christ, donc de l’Église.

    Signes, paroles et symboles

    Un sacrement associe toujours deux choses :

    • Un signe (que les théologiens appellent la matière du sacrement) : l’eau, l’huile, le geste d’imposer les mains… Il est le canal de la grâce, un peu comme le fil électrique permet de faire passer le courant !
    • Une parole (la forme du sacrement) : elle explicite le sens du sacrement et le réalise. Par exemple, lors du mariage, les fiancés se disent : « Je te reçois comme époux et je me donne à toi pour t’aimer fidèlement tout au long de notre vie ». À ce moment, l’homme et la femme sont faits mari et femme. Pour les autres sacrements, cette parole est prononcée par un diacre, un prêtre ou un évêque.

    La célébration sacramentelle qui se déploie autour de ce signe central est pleine d’autres signes et symboles montrant les richesses du don qui est fait. Ainsi, le candidat au baptême est marqué du signe de la Croix, pour signifier qu’il appartient désormais au Christ. Son front est imprégné d’huile parfumée, symbole de l’Esprit-Saint qui lui est donné, qui imprègne sa vie et le pousse à répandre dans sa vie la « bonne odeur du Christ ».

    Tous ces signes et symboles renvoient aux dons de la Création (l’eau, le pain tiré du blé, le vin tiré du raisin…) et à l’histoire du peuple de Dieu (l’eau du baptême fait penser par exemple à la traversée de la Mer rouge par le peuple hébreu). Leur sens se révèle pleinement dans la personne et l’œuvre du Christ : il est lui-même le sens de tous ces signes, c’est lui-même qui parle et qui agit en eux.

    Que célébrons-nous dans les sacrements ?

    Les sacrements sont des signes sensibles et efficaces de la grâce, institués par le Christ et confiés à l'Église, par lesquels nous est donnée la vie divine. Ils sont au nombre de sept : le baptême, la confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'onction des malades, l'ordre et le mariage.

    L’Église célèbre les sacrements comme communauté structurée par les fidèles du Christ où chacun selon sa vocation particulière ; les ministres ordonnées (diacres, prêtres et évêques), catéchistes, lecteurs missionnaires … assure la communion du Peuple de Dieu.

    Pourquoi sept sacrements ?

     * 04 - Les sacrements

    Tous les sacrements ont été institués par Jésus-Christ. Pour certains d’entre eux, nous savons précisément quand et comment ils l’ont été : le Christ a demandé à ses Apôtres de baptiser, et il a institué l’Eucharistie lors de son dernier repas, la veille de sa Passion. Les autres ont tous un ancrage dans sa vie et prolongent une attention qu’il a portée à un aspect de notre existence : mariage, maladie, conversion, etc.

    C’est au 12ème siècle que l’Église a dénombré sept sacrements, après un long temps de discernement.

    L’Eucharistie est « le sacrement des sacrements », celui qui signifie fondamentalement le mystère du don de Dieu à l’homme et de l’homme à Dieu. Les autres développent, chacun dans sa ligne particulière, l’une des richesses de l’alliance de Dieu avec l’homme.

    Les sacrements sont de trois ordres :

    • les sacrements de l’initiation (baptême, confirmation, eucharistie),
    • les sacrements de guérison (pénitence et réconciliation, l’onction des malades),
    • les sacrements au service de la communion (le sacrement de l’Ordre, le mariage).

    Le baptême, la confirmation et l’eucharistie constituent l’ensemble des sacrements de l’Initiation chrétienne. Ils conduisent à leur pleine stature les fidèles appelés à exercer leur mission dans l’Église et dans le monde : annoncer Jésus-Christ, célébrer la gloire de Dieu et servir l’homme et le monde.

    Le baptême

     * 04 - Les sacrements

    Le Christ a proposé le baptême à tous pour que tous aient la Vie en Dieu. Il l’a confié à son Eglise, en même temps que l’Evangile, lorsqu’il a dit à ses apôtres : « Allez de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Jean 3, 5).

    Le mot « baptême » vient d’un verbe grec qui signifie « plonger, immerger ».

     * 04 - Les sacrements

    Être baptisé, c’est être plongé dans la mort et la résurrection du Christ, c’est un rite de passage. Configurés au Christ, nous devenons fils d’un même Père et frères de Jésus-Christ, par l’Esprit Saint. Le baptême est le sacrement de la naissance à la vie chrétienne : marqué du signe de la croix, plongé dans l’eau, le nouveau baptisé renaît à une vie nouvelle. Devenu chrétien, le nouveau baptisé peut vivre selon l’Esprit de Dieu.

    La célébration du baptême a son point culminant dans le bain d’eau accompagné de cette parole : « Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ».

     * 04 - Les sacrements

    Le baptême est le premier Sacrement institué par le Christ. Il nous purifie de la tache du péché originel, nous engendre à la vie divine, nous fait membres du Christ, membres de l'Église. Il nous permet, grâce au caractère reçu, de participer aux autres actions sacerdotales du Christ : sa Prière, son Sacrifice, ses Sacrements.

    Sacrement de la foi en Dieu-Trinité, le baptême imprime dans le baptisé un signe ineffaçable, la marque du Seigneur qui le consacre comme disciple du Christ.

    Institution du baptême chrétien

    Pour tout chrétien, la référence est le baptême de Jésus par Jean le Baptiste dans le Jourdain, décrit dans l'Évangile selon Matthieu : Jésus arrivant de Galilée paraît sur les bords du Jourdain, et vient à Jean pour se faire baptiser par lui. Jean voulait l'en empêcher et disait : « C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi et c'est toi qui viens à moi ! », mais Jésus lui répondit : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir ce qui est juste ». Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau ; voici que les cieux s'ouvrirent et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : en Lui j'ai mis tout mon amour » (Matthieu chap. 3 versets 13 à 17). Le rite du baptême a provoqué la disparition de la circoncision rituelle, sans totalement faire disparaître cette notion, alors spiritualisée.

    L’eucharistie

    L’eucharistie est le troisième sacrement de l’Initiation chrétienne.

     * 04 - Les sacrements

    Le mot « eucharistie » signifie « action de grâces ». C’est le peuple qui rend grâce au Père, par son Fils, dans l’Esprit pour le don qu’il nous fait de sa Vie.

    « L’eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (Vatican II Constitution sur l’Eglise n° 11).

     * 04 - Les sacrements

    C’est par l’eucharistie que nous est donnée la Vie de Dieu, le Pain de la route. Recevoir le Pain de Dieu nous invite à partager notre pain avec nos frères en humanité. L’eucharistie structure la vie chrétienne, elle la ponctue, elle est la respiration dans la vie spirituelle. C’est une actualisation de la Pâque et non pas sa répétition ou son simple souvenir. L’eucharistie, ou la messe, est un rappel de la dernière Cène, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ.

     * 04 - Les sacrements

    Eucharistie signifie bénédiction, action de grâce, remerciement pour le don reçu. Le sacrement de l’eucharistie est désigné par plusieurs noms qui expriment sa richesse.

    La confirmation

     * 04 - Les sacrements

    Par le sacrement de la confirmation, le lien des baptisés avec l’Église est rendu plus parfait, ils sont marqués du sceau de l’Esprit-Saint, enrichis d’une force spéciale de l’Esprit-Saint, force qui fut accordée aux Apôtres au jour de la Pentecôte pour répandre la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, par la parole et en action.

    La confirmation donne l’Esprit-Saint pour nous enraciner plus profondément dans notre vie d’enfant de Dieu, pour nous unir plus fermement au Christ, rendre plus solide notre lien à l’Église.

    Recevoir le sacrement de confirmation est une décision personnelle que l’on peut prendre lorsque l’on est à même d’exercer un choix libre et responsable. La confirmation marque une étape de maturité spirituelle où l’on a compris que l’amour de Dieu reçu au baptême est un trésor qui ne peut demeurer un privilège personnel mais qu’il nous appartient de partager.

    Comme le baptême, la confirmation imprime dans le chrétien une marque indélébile (c’est ce que l’on appelle le « caractère »). Ce sacrement ne peut donc être reçu qu’une seule fois. Dans l’Église catholique, on le reçoit après l’âge de raison. C’est l’évêque qui, de manière ordinaire, célèbre ce sacrement : il manifeste ainsi le lien avec le don de l’Esprit aux apôtres au jour de la Pentecôte et la place des confirmés dans la communion de toute l’Église. C’est lui qui réalise l’imposition des mains.

    « Celui qui nous rend solides pour le Christ dans nos relations avec vous, celui qui nous a consacrés, c’est Dieu ; il nous a marqués de son sceau, et il a mis dans nos cœurs l’Esprit, première avance sur ses dons » (2 Co 1, 21-22).

    C’est avec une huile parfumée, le saint chrême, que l’évêque marque le front de chaque confirmand. Comme cette huile répand une bonne odeur, chacun est appelé, par l’élan et la joie de sa vie, à répandre la bonne odeur du Christ, à être un témoin authentique du Ressuscité, afin que le corps du Christ s’édifie dans la foi au Dieu, Père, Fils et Esprit, et l’amour des hommes et du monde. Le confirmé porte alors joyeusement la responsabilité de faire connaître aux hommes et au monde l’amour dont ils sont aimés.

    « Sois marqué de l’Esprit-Saint, le don de Dieu ».

     * 04 - Les sacrements   * 04 - Les sacrements

    La préparation à la confirmation doit viser à conduire le chrétien vers une union plus intime au Christ, vers une familiarité plus vive avec l’Esprit-Saint, son action, ses dons et ses appels, afin de pouvoir mieux assumer les responsabilités de la vie chrétienne.

    La réconciliation

    Ce sacrement est le signe de l’amour infini de Dieu. Le pardon de Dieu est toujours possible, si nous faisons une démarche vraiment sincère. En se reconnaissant pécheur, nous croyons que l’amour infini de Dieu est toujours le plus fort. Le dialogue avec un prêtre est le signe efficace de la réconciliation avec Dieu et avec nos frères.

     * 04 - Les sacrements   * 04 - Les sacrements   * 04 - Les sacrements   * 04 - Les sacrements

    Revenir à la communion avec Dieu par la conversion est un mouvement suscité par la grâce de Dieu plein de miséricorde et désireux de sauver tous les hommes. Le sacrement dit de la conversion, de la confession, de la pénitence ou de la réconciliation offre cette grâce.

    Le mariage

    Le mariage est l’alliance entre un homme et une femme unis par un même amour. Dans cette alliance se révèle le plus pleinement l’histoire des alliances entre Dieu et l’humanité scellée dans l’amour du Christ qui a donné sa vie pour nous. Le sacrement de mariage sanctifie l’union d’un homme et d’une femme et situe l’amour des époux au cœur de l’amour de Dieu pour l’humanité.

     * 04 - Les sacrements

    C’est un engagement pris devant Dieu. La dignité de cet engagement s’articule sur les quatre piliers que scelle l’échange des consentements : la liberté, la fidélité, l’indissolubilité et la fécondité.

    Chacun des fiancés doit être pleinement libre au moment de son engagement. Les conjoints se promettent fidélité, et cette promesse est source de confiance réciproque.

     * 04 - Les sacrements

    Le sacrement du mariage donne aux époux la grâce de renforcer et perfectionner leur amour, d’affermir leur unité indissoluble et de se sanctifier dans leur vie familiale.

    L’ordination

    Au sein de l´Église catholique, le service de la communauté est assuré plus particulièrement par les évêques, les prêtres et les diacres, que l´on appelle « les ministres ordonnés ».

      * 04 - Les sacrements   * 04 - Les sacrements

    Leur mission dans l´Église leur est confiée, au nom de Jésus-Christ, par le sacrement de l'ordre, généralement appelé «ordination». Le sacrement de l'ordre se caractérise par l´imposition des mains et la prière de consécration prévue. Le sacrement est conféré une fois pour toutes.

    Le ministre ordonné manifeste à tous que c´est le Christ qui appelle, rassemble et envoie sur les chemins du monde.

    Les évêques

    Le mot « évêque » vient du grec episcopos, qui désigne la mission de veiller sur la communauté, de la protéger, pour que celle-ci se comporte le plus justement possible en véritable peuple de Dieu.

     * 04 - Les sacrements

    Les évêques reçoivent, comme les Apôtres, la plénitude du sacrement de l´Ordre. Ils sont garants de l´annonce de la foi et de l’Evangile dans leur diocèse. Ils sont responsables quant à l´administration des sacrements, avec toutes les questions pastorales que cela soulève aujourd’hui. Enfin, les évêques exercent une responsabilité de gouvernement (que l´on appelle aussi « charge pastorale »), au nom du Christ, envers « la portion du peuple de Dieu (diocèse) qui lui est confiée ».

    Les prêtres

    Les prêtres sont ordonnés par l'évêque de leur diocèse.

     * 04 - Les sacrements

    Ils sont co-responsables de l´Église locale : le prêtre est défini comme coopérateur, collaborateur de l´évêque. Il est « envoyé » (un don fait) à une communauté, il n´en est pas le délégué.

    Ses missions peuvent s'exercer dans des cadres très divers. Mais, quelle que soit la charge que le prêtre a reçu (une ou plusieurs paroisses, une aumônerie, …), sa présence consiste toujours à éveiller chacun au Christ, à sa parole libératrice.

     * 04 - Les sacrements

    Ceux qui reçoivent le sacrement de l’Ordination ou de l’Ordre sont consacrés pour être au nom du Christ, par la parole et la grâce de Dieu, les Pasteurs de l’Église.

    Les diacres

    Par leur ordination, les diacres signifient et rappellent à tout le peuple de Dieu, que l’Église ne doit cesser de manifester la charité du Christ pour tout homme. En particulier les plus pauvres, ceux qui sont à la marge.

    Ils sont au sein de l’Église, et pour le monde, le signe du Christ serviteur « lui qui s’est anéanti en prenant la condition de serviteur et devenant semblable aux hommes » (Ph 2,7). Le geste du lavement des pieds (Jn 13) est le signe par excellence du Dieu qui vient à la rencontre de l’homme par un chemin bouleversant, celui du service.

    Le sacrement des malades

    Le sacrement de l’onction des malades est assez méconnu, souvent associé à l’extrême onction, et par conséquent à tout ce qui touche à la mort et aux questions existentielles de l’homme.

    L’onction des malades

    Le sacrement des malades a pour but de donner une aide spéciale au chrétien confronté aux difficultés d’une maladie grave ou de la vieillesse. Le chrétien peut recevoir le sacrement des malades chaque fois qu’il est atteint d’une grave maladie. C’est le sacrement de la présence du Seigneur à nos côtés dans les moments d’épreuve que sont la maladie ou la vieillesse. La célébration de ce sacrement consiste en l’onction d’huile bénite sur le front et en l’imposition des mains. Consacrée par l’évêque lors de la messe chrismale annuelle, l’huile dite des malades apporte force et douceur. Elle pénètre la peau, répand sa bonne odeur, fortifie le corps.

    Voici les mots qui accompagnent l’onction avec l’huile sainte sur le front et dans les mains des malades : « Par cette onction sainte, que le Seigneur en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l’Esprit-Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu’il vous sauve et vous relève ».

     * 04 - Les sacrements   * 04 - Les sacrements

    Avec l’imposition des mains, l’onction rappelle l’attention et la tendresse de Jésus-Christ envers les personnes malades.

    « Si l’un de vous est malade, qu’il fasse appeler les anciens de la communauté qui prieront pour lui en pratiquant une onction d’huile au nom du Seigneur. Leurs prières, inspirées par la foi, sauveront le malade, le Seigneur le relèvera, et s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés » (Jc 5, 14-15).

     * 04 - Les sacrements

    Le sacrement des malades a pour but de donner une aide spéciale au chrétien confronté aux difficultés d’une maladie grave ou de la vieillesse.

    Quelle guérison ?

    Guérison intérieure, réconciliation avec soi-même, avec ses proches, avec Dieu, mais aussi parfois guérison physique ou vrai mieux être. Dans l’onction, le Christ manifeste la tendresse du Père pour celui qui souffre en donnant son Esprit, force pour lutter contre le mal.

    Alors que la maladie apporte souffrance, inquiétude et peut même entamer le goût de vivre, le sacrement rappelle la dignité de chacun, raffermit la confiance, donne la force de supporter son épreuve et l’assurance qu’il la vit en proximité avec le Christ. Signe de la tendresse de Dieu pour les malades, le sacrement rejaillit sur les proches qui souffrent aussi de l’éloignement provoqué par les hospitalisations, les bouleversements familiaux dus à la maladie… Il pacifie et réconcilie le malade avec lui-même, avec les autres et avec Dieu. L’onction peut être administrée lors d’une célébration dans la paroisse ou avec l’aumônerie de l’hôpital, à domicile ou lors d’un pèlerinage, comme à Lourdes.

    Pourquoi les sacrements ont-ils été institués?

    Les Sacrements ont été institués comme un moyen spécial par lequel nous devons recevoir la grâce méritée pour nous par Jésus-Christ. Comme le Christ est le donneur de la grâce, Il a le droit de déterminer la façon par laquelle elle va être donnée.

    Quel est le rapport des sacrements avec le Christ ?

    Les mystères de la vie du Christ constituent le fondement de ce que maintenant, par les ministres de l'Église, le Christ dispense dans les sacrements. « Ce qui était visible dans notre Sauveur est passé dans les sacrements » (saint Léon le Grand).

    Synthèse de recherches mise en page par le Frère André B.

    Sources :

    http://cplittoralouest.catholique.fr/spip.php?article390

    http://www.saintleuparis.catholique.fr/spip.php?article423

    http://www.cursillos.ca/formation/documents/compendium-quest-sacrements/catquest224-225.htm

    http://liturgie.catholique.fr/accueil/pastorale-sacramentelle/la-vie-sacramentelle/3656-qu-est-ce-qu-un-sacrement/

    http://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-sacrements/le-bapteme/

    http://site-catholique.fr/index.php?post/Le-Sacrement-du-BAPTEME

    http://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-sacrements/leucharistie/

    http://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-sacrements/la-confirmation/

    http://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-sacrements/la-penitence-et-la-reconciliation/

    http://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-sacrements/le-mariage/

    http://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-sacrements/lordination/

    http://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-sacrements/le-sacrement-des-malades/


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  • Synthèse du message chrétien

    Introduction

    A l’issue d’une année de publication d’analyses liturgiques dans la rubrique « Chevaliers du Christ » sur le présent blog, il nous a semblé utile de tenter de synthétiser ce puzzle de messages dominicaux en les regroupant dans une « Synthèse du message chrétien ».

    N.B. Ceci est le parchemin présenté en Chapitre ce 23 mai 2018 à la Commanderie Majeure ND du Temple

    Quel est le message transmis par Jésus ?

    Tout au long de la Bible, Dieu apparaît comme ayant un amour sans mesure pour les hommes : « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité » (Livre de l’Exode 34,6).

    L’intention de Jésus n’est donc pas de démontrer une autre façon d’être de Dieu. Au contraire, son message confirme la révélation d’un Dieu qui se fait partenaire de son peuple et de tous les hommes.

    Mais en Jésus, l’Amour et la miséricorde de Dieu trouvent leur expression la plus totale. L’engagement de Dieu auprès des hommes devient radical et définitif. Pour traduire cette « Bonne Nouvelle de la présence agissante de Dieu », Jésus utilise un genre littéraire : la parabole.

    Le message de Jésus ne se résume pas à une information, un slogan humanitaire. Il nous fait connaître de l’intérieur la réalité présente du Royaume de Dieu.

    L’Évangile nous laisse percevoir que Jésus lui-même se révèle Fils de Dieu. Avec lui, l’Alliance s’inscrit plus que jamais dans l’histoire. C’est en Jésus-Christ que le Règne de Dieu advient, qu’il est rendu présent (Luc 7, 24-27).

    Jésus fait souvent appel à la royauté comme comparaison. Le vocabulaire évangélique (Règne, Royaume, Roi…) avec sa connotation féodale pourrait nous égarer dans une représentation d’un Dieu dominateur… En évoquant le «Royaume», Jésus nous parle du monde tel que Jésus le voit, un monde où la paix, la réconciliation, la fraternité et le bonheur peuvent l’emporter.

    Pour connaître le message de Jésus, il est également essentiel de relire le récit de la proclamation des Béatitudes (Mt 5, 1-12) et l’ensemble du sermon sur la montagne (Mt 5, 1- 6, 28) :

    Lien vers un site Internet : « Le sermon sur la montagne »

    Lien vers le dossier « Formation au christianisme » : « * 14 Les Béatitudes évangéliques »

    Lien vers : « * 13 Les Béatitudes »

    Quel est le programme du christianisme?

    Que nous propose-t-il comme action, comme engagement concret face au monde moderne, comme but à atteindre ? Quel est le message qui tient ensemble les 27 livres du Nouveau Testament, qui devrait rassembler les différentes églises chrétiennes, et finalement l'humanité entière ?

    La réponse est d'une étonnante simplicité : Jésus est le Christ, et n'est chrétien ou chrétienne que celui ou celle qui tente de suivre ce Christ-Jésus

    L'idéal chrétien redit pour aujourd'hui.

    Dans la lumière et la puissance de Jésus, nous sommes capables, dans le monde actuel de vivre, d'agir, de souffrir et de mourir d'une manière vraiment humaine, parce que nous sommes totalement appuyés sur Dieu et totalement engagés envers nos frères et nos sœurs humains.

    Dans la lumière et la puissance de Jésus ? Mais qui était-il ?

     * 01 - Synthèse du message chrétien

    Jésus n'était pas un théoricien ni un homme de loi. Il n'appartenait pas à la classe sacerdotale de son époque (Les Sadducéens). Il était un laïc qui annonçait à qui voulait l'entendre que l'entrée dans le « Royaume de Dieu » faisait partie de l'avenir de l'humanité. Non, Jésus n'était pas un révolutionnaire politique (Un Zélote) travaillant à l'élaboration d'une future théocratie, d'une prise de pouvoir politique au nom du Dieu d'Israël. Non ! Jésus annonçait l'empire immédiat et sans limite de Dieu lui-même sur le monde, empire qui devait se réaliser pleinement dans un futur prochain de l'humanité.

    Jésus n'était pas davantage un ascète (Un Essénien ou un membre de la communauté de Qumran). Il ne croyait pas en un jugement divin exerçant sa vengeance sur les enfants du monde. Non ! Jésus annonce plutôt la bonne nouvelle de la grâce de Dieu en faveur des pécheurs et de ceux qui sont sans Dieu.

    Jésus n'était pas non plus un moraliste dévot (Un Pharisien). Il ne faisait pas constamment appel à l'Écriture pour se justifier ou pour juger du comportement d'autrui. Pour lui, le salut annoncé ne s'obtient pas suite à une stricte observance de la Loi ; mais il est bel et bien un don gratuit de Dieu qui n'attend de l'être humain qu'une acceptation confiante et un engagement radical dans la foi et l'amour.

    Jésus, par son action et son message, provoquait ses contemporains sur tous les fronts. Il était plus près de Dieu que les prêtres, plus libre face au monde que les ascètes, plus moral que les moralistes, plus révolutionnaire que les partisans de la révolution. Il annonçait ainsi que la Volonté de Dieu était la norme suprême et immédiate de toute façon de vivre et d'être. Et quelle était pour lui cette fameuse volonté de Dieu? Tout simplement le bien de l'être humain.

    C'est pour cette raison que Jésus, qui observait la plupart du temps la Loi de Moïse, n'hésitait pas à agir à l'occasion contre ses prescriptions. Il affirma ainsi que pour Dieu le bien de l'être humain passe avant l'observance du sabbat et de la Loi.

    C'est pour cette raison aussi qu'il scandalisa les « justes » de son époque, en rejetant les prétentions absolues de la loi, des traditions et du culte du Temple. Il affirmait ainsi que la réconciliation fraternelle et le service quotidien du prochain avaient davantage d'importance aux yeux de Dieu.

    C'est pour cette raison qu'il annonça un amour qui se caractérise par le fait qu'il n'exclut personne, même pas l'ennemi. Cet amour toujours prêt à se compromettre de façon absolue et entière pour le bien du prochain doit transformer la société en transformant jusqu'à l'individu. C'est pour cette raison que Jésus s'identifiait aux hérétiques et aux schismatiques (Les Samaritains), aux immoraux (Les prostituées et adultères), aux politiquement compromis (Les collecteurs d'impôts et autres collaborateurs de l'empire romain), aux rejetés et aux méprisés de la société (lépreux, malades, nécessiteux), à la populace qui ne connaissait pas la loi ou ne vivait pas en l'observant. Il annonçait ainsi le pardon infini de Dieu, qui ne punit pas la violation de la Loi, mais qui offre plutôt un pardon gratuit aux hommes et aux femmes. Il va jusqu'à prendre la parole au nom de Dieu et à pardonner lui-même, rendant ainsi possible l'expérience d'une conversion vécue en vérité qui ouvre la voie au pardon mutuel entre frères et sœurs.

    Jésus annonçait ainsi, non seulement en paroles mais également en actes, la « Bonne Nouvelle » (Évangile) de la grâce, de l'espérance, de la liberté, de l'amour et de la joie. La vie de Jésus ne laissait pas place à une séparation entre la théorie et la pratique. Elle était et demeure toujours un défi lancé à tout le système religieux et social, ainsi qu'à ses représentants.

    Mais au nom de qui ou de quoi faisait-il cela? En revendiquant une telle liberté pour Dieu et pour l'être humain, n'annonçait-il pas un autre Dieu que celui de la tradition biblique? Jésus n'avait aucun parti pour le soutenir, mais il semblait pourtant se considérer comme plus grand encore que Moïse (La Loi), que Salomon (Le Temple) ou que Jonas (Les Prophètes). Comment pouvait-il proclamer les positions qu'il avançait ? Était-ce à cause de l'unique immédiateté de sa présence avec Dieu, parce qu'il était là en même temps pour Dieu et à la place de Dieu ?

    La personne même de Jésus était déjà pour ses contemporains un appel à une décision. Ses paroles et ses actes scellèrent son sort. Un conflit où la vie et la mort était l'enjeu devenait inévitable. Y avait-il une autre option pour les gardiens de la tradition, de la morale, de la loi et de l'ordre religieux que celle de faire périr celui qui égarait le peuple? La mort d'un seul est préférable à celle d'un grand nombre. On a arrêté Jésus. Il a maintenu sa position malgré la menace. Jésus a été condamné à mort sous la loi romaine, à cause de la Loi de Moïse. Saint Paul tirera de ce fait des conclusions radicales pour la liberté du chrétien face à la Loi. Jésus meurt entre deux criminels condamnés, explicitement identifié aux pécheurs, abandonné par celui même dont il avait proclamé la proximité par sa parole, ses actions, sa personne elle-même. Cet homme fut lâché par Dieu et son échec semble évident. Il mourut et le Dieu qu'il avait proclamé disparut avec lui.

    Mais sa mort ne représente pas la fin de l'aventure. Le mouvement qui origine de Jésus ne commence véritablement qu'après sa mort. C'est un fait incontestable de l'histoire. Et la source de ce mouvement provient de l'annonce par les premiers témoins d'un événement inattendu : Celui qui avait été crucifié vit !

    La foi en Jésus-Christ repose sur cette affirmation et non sur le « comment », le « quand » et le « où » de cette vie nouvelle en Dieu. La foi en Jésus-Christ proclame avec force que finalement Dieu n'a pas laissé tomber Jésus. Non ! Il a reçu de Dieu une vie nouvelle, il est finalement vainqueur. Son message, sa manière de vivre, sa personne sont ainsi justifiés. Son chemin était le vrai chemin.

     * 01 - Synthèse du message chrétien

    C'est à partir de l'affirmation de la Résurrection que les disciples voient maintenant clairement que Dieu était avec lui dès les débuts. Ils voient que dans sa personne même, il se tint pour Dieu et pour l'être humain. Alors et maintenant. Ils voient que la Croix n'est pas l'événement où Dieu l'aurait rejeté, mais l'évènement sauveur par excellence. Ils voient qu'à travers la Croix le Royaume de Dieu a fait irruption dans l'histoire – royaume de réconciliation, de liberté, de justice, d'amour et de paix.

    A partir de ce fait, la personne de Jésus prend une importance, une signification unique pour tous ceux et celles qui se tournent avec confiance vers lui dans la foi : Jésus est le Christ, oint et envoyé de Dieu, il est la révélation définitive de Dieu, il est sa parole faite chair. Les titres et les conceptions courantes à son époque lui sont appliqués et reçoivent en lui leur signification définitive. (Ils traitent surtout de sa préexistence et de sa post-existence). Et c'est alors que pour la première fois l'Église est formée : une communauté de croyants et de croyantes unis dans leur confession de Jésus-Christ. L'Église porte son nom et est portée par son esprit, l'Esprit-Saint.

     * 01 - Synthèse du message chrétien  * 01 - Synthèse du message chrétien  * 01 - Synthèse du message chrétien

    Le Jésus qui prêchait est devenu le Jésus qui est prêché ; celui qui apportait le message est devenu le contenu du message. Jésus-Christ, dans sa vie et sa mort, est la somme et la substance du message du Royaume de Dieu. C'est lui-même qui est la clé du sens de l'histoire, qui est le message chrétien, qui désigne le christianisme.

    Cela implique avant tout que les chrétiens et les chrétiennes ne sont pas moins soucieux et soucieuses que les autres de la réalité et des enjeux de nos sociétés. Mais ils aperçoivent, dans ces enjeux et cette réalité, l'être humain et Dieu. Ils aperçoivent l'idéal humaniste, la liberté, l'amour, la vie, la justice et la paix dans la perspective de Jésus. Ils ne peuvent oublier que toutes ces valeurs ont été acquises au prix de la mort. Ils ne peuvent oublier que pour eux ce Jésus qui vit est le même qui a été crucifié.

     * 01 - Synthèse du message chrétien

    La Croix devient ainsi le signe de l'implication chrétienne au cœur de la réalité humaine.

     * 01 - Synthèse du message chrétien

    Quel est le message essentiel de Jésus ?

    Deux montagnes sont décrites dans l’Évangile comme étant les deux actes d’un drame : le mont des Béatitudes et celui du Calvaire. Celui qui monta sur la première montagne pour enseigner les Béatitudes, devait nécessairement monter sur la seconde pour aller jusqu’au bout de ce qu’il avait prêché.

      * 01 - Synthèse du message chrétien  * 01 - Synthèse du message chrétien  * 01 - Synthèse du message chrétien

    On dit souvent que le « Sermon sur la Montagne » constitue l’essence du christianisme, et c’est vrai : qu’un homme mette en pratique ces béatitudes dans sa vie et il attirera vite sur lui les foudres du monde ! Le « Sermon sur la Montagne » ne peut être séparé de la Crucifixion, pas plus que le jour ne peut être séparé de la nuit. Le jour où le Christ enseigna « les Béatitudes », il signa sa condamnation à mort. Le bruit des clous et des marteaux continue de résonner depuis la colline où il a enseigné aux hommes le chemin du bonheur et de la perfection.

    Tout homme veut être heureux, mais pour y parvenir, les voies que le christianisme nous indique ne sont pas celles du monde.

    Le monde est gouverné par un certain nombre de grands principes tels que : « Il faut être riche », « Profitons de la vie avant d’être vieux ! », « Vengeance ! », etc. Dans les « Béatitudes », Jésus reprend chacun de ces principes et les contredit tous, l’un après l’autre. Par exemple, à ceux qui affirment : « On ne peut pas être heureux si on n’est pas riche », il proclame : « Bienheureux les pauvres ! ». A ceux qui crient vengeance, il répond : « Aimez vos ennemis ! ». A ceux qui pensent que l’on peut tout faire avec la sexualité, il enseigne : « Bienheureux les cœurs purs ! »

    Jésus résume plus tard l’ensemble de son enseignement en deux préceptes, qui se valent l’un l’autre : « Aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son esprit » et « Aimer son prochain comme soi-même » (Mt 22,37-39).

     * 01 - Synthèse du message chrétien

    Non, mes Frères et Sœurs, le message chrétien, ramassé dans le Sermon sur la montagne et appuyé sur la vie et la mort de Jésus ne vise pas à instituer un nouvel ordre légal ou une nouvelle loi ! Son intention est de libérer l'être humain de la loi. Le message chrétien vise un état de choses qui en lui-même est trop élevé pour l'attendre de la société bourgeoise ou marxiste, mais qui reste d'une importance absolue tant pour la vie humaine des individus que pour celle de la société humaine et des races,des classes et des églises qui divisent l'humanité.

    Le commandement principal de Jésus est donc l’AMOUR. Tous les commandements de Dieu – ne pas voler, ne pas tuer, ne pas mentir, etc. – sont compris dans ce commandement que nous a donné Jésus. En cela, le christianisme est la doctrine la plus simple du monde : nous valons ce que vaut notre cœur.

    Mais il faut cependant être attentif, car la parole « amour » cache souvent des pièges.

    Un piège, par exemple, est de confondre le sentiment qu’on éprouve envers les autres pour de l’amour, quand en fait, il s’agit seulement d’un vague sentiment épidermique. L’amour véritable est un don de soi : il requiert sacrifice, abnégation et fidélité.

    Un autre piège, c’est de croire que pour aimer notre prochain, nous devons satisfaire toutes ses demandes. Au contraire ! Quand la demande qui nous est faite est erronée, si nous aimons véritablement notre prochain, nous devons être capable de lui dire « NON ! ».

    Mais aimer son prochain comme soi-même, c’est quelque chose de tellement difficile, que tous les grands saints ont justement observé qu’on ne peut y arriver que par amour pour Dieu. De même qu’il est vrai que celui qui n’aime pas son prochain ne peut pas dire qu’il aime Dieu, il est aussi vrai que celui qui n’aime pas Dieu ne peut pas aimer véritablement son prochain.

    Jésus a expliqué avec relativement peu de paroles ce que veut dire « aimer ». Quelques heures avant sa passion, lors du dernier repas, il a affirmé une dernière fois son commandement... mais il a aussi ajouté une nuance riche de sens « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé » (Jn 13,34). Comme je vous ai aimé... c’est-à-dire, jusqu’au point de mourir sur la croix pour nous.

    C’est cela l’extraordinaire mesure de l’amour chrétien.

     * 01 - Synthèse du message chrétien

    Le message chrétien veut promouvoir un état de choses où les humains au lieu de peser leur culpabilité réciproque sont capables de se pardonner. Au lieu de s'arc-bouter sur leurs positions sont capables d'une réconciliation inconditionnelle. Au lieu de n'insister continuellement que sur leurs propres droits peuvent opter pour la justice supérieure de l'amour. Au lieu de se livrer à la lutte sans merci pour le pouvoir cherchent la paix qui surpasse toute compréhension.

    Un tel message n'agit pas comme un opium pour émousser la conscience des besoins du monde. Plus que les autres programmes, il tourne radicalement l'attention de l'homme vers ce monde-ci, le charge de changer ce monde partout où se trouvent des hommes ou des femmes opprimé(e)s par les détenteurs du pouvoir, des personnes sacrifiées aux institutions, où la liberté est écartée en faveur de l'ordre établi, où la justice est menacée par la puissance.

    L'Église en tant que communauté de ceux et celles qui croient au Christ doit s'engager activement à faire advenir cet état de choses par sa prédication et son action. Par-dessus tout, l'Église doit amener cet état de choses en elle-même en réalisant un lien d'union et d'amour entre ceux qui sont divisés par les frontières des cultures, des races, des sexes, de l'argent et des classes. De cette façon, le message chrétien peut avoir dès maintenant un impact sur la société humaine, et faire advenir ultimement, à titre de don de l'Esprit-Saint, le royaume de la justice intégrale, de la liberté indépassable, de l'amour inédit, de la réconciliation universelle et de la paix éternelle.

    Ce royaume ne peut se réaliser que comme don de Dieu. Il appelle l'homme à être actif, mais cette activité ne se réalisera jamais ni par le progrès de la société bourgeoise, ni par les réussites de la société sans classe socialiste. Le message chrétien rend l'être humain capable d'être actif, de prendre l'initiative dans l'univers social, dans ceux de la recherche scientifique et de l'économie, de la politique, de la loi et de la culture.

    Et il le rend capable aussi de ne pas désespérer même lorsqu'il est coincé dans une situation complètement désertée par la justice, la liberté et la paix. Le message chrétien lui permet d'espérer lorsqu'il n'y a plus d'espoir, d'aimer jusqu'à ses ennemis, de continuer ses efforts pour s'humaniser lui-même et aussi la société alors même que l'inhumanité de l'homme pour l'homme est la règle courante.

    Jésus, en tant que Christ crucifié et vivant, est ce message chrétien avec toutes ses conséquences. Il est le message, non pas abstraitement, mais très concrètement ; non pas théoriquement mais très pratiquement ; non pas à la périphérie mais en plein centre ; non uniquement comme un fait donné mais clairement comme un programme de vie et de société. Jésus dans sa propre personne est ce programme concret de transformation du monde. Lui et lui seul.

     * 01 - Synthèse du message chrétien

    La brève formulation proposée au départ de ce parchemin peut maintenant être mieux comprise. Le message chrétien consiste en ceci : Dans la lumière et la puissance de Jésus, nous sommes capables, dans le monde actuel de vivre, d'agir, de souffrir et de mourir d'une manière vraiment humaine, parce que nous sommes totalement appuyés sur Dieu et totalement engagés envers nos frères et nos sœurs humains.

    Cette courte formule peut être exprimée différemment en des termes plus cosmologiques ou en termes plus théologiques.

    En termes cosmologiques nous pourrions dire : Dans la lumière et la puissance de Jésus, nous pouvons demeurer libres face aux puissances du monde (asservissement aux principes économiques, scientifiques ou politiques), libres face aux idoles du monde (personnes), et libre face aux fausses divinités du monde (possession, plaisir, pouvoir). Par notre foi en Dieu nous évitons de devenir la proie du monde ou de le considérer comme notre ennemi, mais nous sommes éveillés face au monde assuré que l'histoire a un sens, et qu'à un moment dans l'avenir le monde sera réconcilié.

    La même conception se traduit aussi en termes théologiques : Dans la lumière et la puissance de Jésus dans le monde actuel nous pouvons invoquer Dieu comme notre Père. Il est le mystère d'amour qui enveloppe tous les êtres humains, les libère de leur culpabilité et se manifeste comme ultimement victorieux du péché et de la mort.

    Le message chrétien est-il capable de transformer le monde ? Il a déjà transformé le monde. C'est un fait historique. Cependant, il n'a pas transformé le monde assez profondément et c'est la faute du christianisme. Mais le message chrétien transformera le monde. C'est notre espérance et Jésus-Christ lui-même est le fondement de cette espérance. « Voici, je fais toutes choses nouvelles » (Apocalypse 21, 5). Oui, mes Frères et Sœurs bien-aimés, le message chrétien est un message d’amour et de miséricorde.

    Quel est le message de Jésus et de l’Évangile ?

    Toutes les paroles de Jésus – ce que nous pouvons donc appeler son message – sont consignées dans les quatre Évangiles. Elles en constituent le fond et l’articulation. Il n’y a donc pas, à proprement parler, d’autre message venant directement de Jésus et qui soit extérieur aux Évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean. Mais peut-il y avoir une distinction entre l’Évangile et les évangiles ?

    Le sens du mot « Évangile »

    Au point de départ, le mot « Évangile » signifie étymologiquement «bonne nouvelle» (en grec euangelion). Jésus qualifie ainsi sa mission et son appel à la conversion : Il proclamait l’Évangile de Dieu et disait : « le règne de Dieu s’est approché ; convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Marc 1,15). Pour saint Matthieu, Jésus parcourait toute la Galilée, enseignait dans les synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle du Règne et guérissait toute maladie et toute infirmité parmi le peuple.

    Les quatre récits complémentaires de Matthieu, Marc, Luc et Jean seront appelés «évangiles» parce qu’ils relateront cette Bonne Nouvelle, cet Évangile proclamé par Jésus lui-même. Mais le terme d’Évangile qualifiera aussi désormais, de façon plus large, le message que les apôtres annonceront ou que la tradition de l’Église mettra au cœur de sa mission. Paul parlera de « l’Évangile de Dieu » (Romains 1,1), de l’ «Évangile de la paix» (Éphésiens 6,15), de l’ « Évangile qui vous sauve » (Éphésiens 1,13).

    Lien vers le dossier « Formation au christianisme » : 

    * « Les Évangiles canoniques et apocryphes »

    * « Les quatre Évangélistes »

    * « Les Évangélistes et le tétramorphe »

    Le message de Jésus-Christ tient en cinq mots !

    Peut-on résumer en quelques mots le cœur du message évangélique, celui annoncé et vécu par Jésus, devenu celui de toute l’Église, au long de son histoire et dans sa mission actuelle ? Oui, cinq mots pourraient le résumer : révélation, béatitudes, amour, imitation, résurrection.

    Révélation : Jésus nous fait découvrir le vrai visage de Dieu, un Dieu d'amour et Père, un Dieu proche.

    Il révèle progressivement son lien unique à Dieu et sa propre divinité : « Je suis la lumière du monde » (Jean 8,12) ; « Celui qui me voit, voit celui qui m’a envoyé » (Jean 12,44)

    Les Béatitudes : Elles résument la voie tracée par Jésus le Christ et synthétisent son message. Il proclame bienheureux et nous invite à leur ressembler : « Les pauvres de cœur, les doux, les assoiffés de justice, ceux qui pardonnent, les cœurs purs et les artisans de paix » (Matthieu 5,3-9). Les Béatitudes sont des appels à vivre selon l’Évangile de Jésus.

     * 01 - Synthèse du message chrétien

    Lien vers : « Les Béatitudes évangéliques » (Rappel !)

    L'Amour : c’est le commandement majeur : « Voici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 15,12).

    Imitation : Il ne suffit pas d’annoncer ce que Jésus a dit ou a fait mais d’être vraiment ses disciples en mettant nos pas dans les siens : « Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi… » (Jean 13,15).

    Résurrection : Le premier message dont les apôtres sont responsables, c’est l’annonce de la Résurrection de Jésus. Ainsi l’Évangile peut être répandu jusqu’aux extrémités de la terre. La Résurrection fait partie de la Bonne Nouvelle : « Je vous ai transmis en premier lieu ce que j’avais reçu moi-même : Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures. Il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les  Écritures » (1 Corinthiens 15,3-4).

     * 01 - Synthèse du message chrétien

    C’est parce que Dieu le Père, par sa grâce, a pu ressusciter son Fils qui avait accepté de tout donner pour nous, que le chrétien peut à son tour, bénéficiant de la grâce de Dieu, aimer comme Jésus aime, pardonner comme Jésus a pardonné, traverser les épreuves et la mort comme Jésus a traversé les épreuves et la mort… Ce message est depuis l’origine, et de manière stable, le socle de la foi de l’Église et de l’annonce de l’Évangile.

    Mgr André Dupleix, recteur honoraire de l’Institut catholique de Toulouse

    Conclusion : qu’est-ce que agir en chrétien ?

    L’étymologie du mot « chrétien » nous renseigne : il vient de « Christ ».

    La Bible nous dit : « Ce fut à Antioche (ville de Syrie) que, pour la première fois, les disciples (du Christ) furent appelés chrétiens » (Livre des Actes des Apôtres ch.11 v.26).

    Etre chrétien, c’est tout simplement être profondément et intimement « attaché à Jésus-Christ », à sa personne et à son enseignement. C’est vouloir le connaître personnellement comme un ami proche, vouloir imiter sa conduite et s’instruire à son contact comme on le ferait auprès d’un grand frère, sage et bienveillant.

    La Bible nous révèle, qu’à l’origine, Dieu a créé l’homme à son image, selon sa ressemblance. Dieu s’est investi en nous et s’est reconnu en nous et c’est ce qui fait encore aujourd’hui la beauté, la grandeur et la dignité de l’homme que nous percevons tous intuitivement.

    Mais voilà : notre volonté d’indépendance, notre désir de nous affranchir de Dieu a introduit le mal et la solitude existentielle. L’image de Dieu en nous a alors été brisée, comme brouillée par cette chute. Ce mal, ne le percevez-vous pas ? Il nous environne et nous possède. « Je ne fais pas le bien auquel j’aspire et je fais le mal que je ne veux pas faire » soupire l’apôtre Paul et c’est tellement vrai… Et Dieu qui semble si lointain… Nous sommes comme perdus sur cette terre, sans repère pour bâtir une société plus juste, impuissants et pourtant bien conscients que subsiste en nous comme une empreinte de Dieu, que sommeille en nous comme une promesse d’amour, d’éternité, de restauration et de grandeur.

    Jésus-Christ, qui est lui-même, selon la bible, l’image parfaite du Dieu invisible est venu sur cette terre il y a 2000 ans pour nous révéler Dieu et nous le rendre à nouveau accessible. Il est venu aussi décoder et restaurer cette image brouillée en nous par le mal afin que nous puissions retrouver notre identité initiale d’enfant de Dieu, créés à son image et selon sa ressemblance.

    Jésus est venu nous réconcilier avec nous-mêmes et avec Dieu, pour l’éternité.

    Etre chrétien, c’est cela, ms Frères et Sœurs : reconnaître à la fois notre suffisance (cet orgueil naturel qui nous conduit loin de Dieu) et notre insuffisance (reconnaître notre besoin de Dieu un jour mais aussi chaque jour, pour aimer à l’exemple de Jésus). Etre chrétien, c’est accueillir en nous Jésus-Christ, le fils de Dieu, nous attacher à lui profondément, lui permettre de restaurer ce que le mal a détruit ou tordu en nous, pour penser plus sainement et agir avec plus d’amour au quotidien.

    C’est apprendre à connaître Jésus, à l’imiter dans sa sagesse et son amour afin d’être transformé progressivement en ce que Dieu veut que nous soyons.

    Etre chrétien, c’est laisser Dieu nous changer pour nous amener à être pleinement nous-même, un être rayonnant d’amour et de sérénité.

    Etre chrétien, c’est se tourner vers les autres car conscient de notre identité et conscient d’être pleinement aimé par Dieu. Le modèle de Jésus-Christ est un standard de vie que lui seul peut produire en nous. Nous ne pouvons pas y arriver par nos propres forces. Ce que Dieu attend du chrétien c’est qu’il veuille ressembler à Jésus-Christ, qu’il le demande à Dieu et qu’il accepte d’être changé par Lui.

    Oui, c’est un tout un programme devant nous ! C’est un chemin exigeant et progressif mais c’est la plus sûre des espérances. C’est aussi la plus belle des vocations avec l’assistance de Jésus-Christ en nous et l’encouragement des autres chrétiens autour de nous.

     Synthèse de recherches mise en page par votre Frère André B.

    Moine Chevalier de Notre-Dame - Très Noble et Bienfaisant Chevalier du Christ - Très Noble Chevalier de saint Jean l'Évangéliste

    Bibliographie

    Matins d’Évangile Parcours catéchuménal pour adultes

    Service national de la catéchèse et du catéchuménat

    Sitographie

    http://www.eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/connaitre-et-aimer-dieu/la-bonne-nouvelle/372868-quel-est-le-message-transmis-par-jesus/

    http://www.abeditions.be/_partafoi/04theolo/01qu0001.htm

    http://www.abeditions.be/_partafoi/04theolo/01qu0001.htm

    https://qe.catholique.org/le-message-de-jesus-christ/7121-quel-est-le-message-essentiel-de-jesus

    https://qe.catholique.org/le-message-de-jesus-christ/7121-quel-est-le-message-essentiel-de-jesus

    https://fr.zenit.org/articles/le-message-chretien-un-message-d-amour-et-de-misericorde/

    http://jesus.catholique.fr/questions/quel-est-le-message-de-jesus-et-de-levangile/quel-est-le-message-de-jesus-et-de-levangile/

    http://www.zebuzztv.com/?buzz=croire&foi=foi-chretienn

    http://www.eglise.catholique.fr 

    https://www.atoi2voir.com/spiritualite/religions/dossier-le-christianisme/721-etre-chretien-c-est-quoi-quest-ce-que-ca-veut-dire/


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    Les Évangiles canoniques 

    Les Évangiles apocryphes

    Introduction

    Les Évangiles (du latin evangelium, lui-même emprunté au grec ancien εὐαγγέλιον / euangélion, « bonne nouvelle ») sont les écrits en langue grecque qui relatent la vie et l'enseignement de Jésus de Nazareth, appelé par les chrétiens Jésus-Christ. De nombreux évangiles ont circulé lors des premiers siècles de l'ère du christianisme.

    Quatre sont reconnus comme canoniques par les Églises chrétiennes : les évangiles dits selon Matthieu, Marc, Luc et Jean.

    Les autres Évangiles, non reconnus, voire écartés pour leur absence de contenu spirituel (Évangile de l'enfance selon Thomas, par exemple) sont déclarés apocryphes.

    Les Évangiles canoniques

    Les Évangiles canoniques sont les quatre Évangiles reconnus par les Églises chrétiennes catholique, protestantes et orthodoxes.

    Les Évangiles canoniques sont anonymes. Ils ont été traditionnellement attribués à deux disciples de Jésus (pour l'Évangile selon Matthieu et l'Évangile selon Jean), ou à des proches de ses disciples (pour l'Évangile selon Marc et l'Évangile selon Luc) :

    • Matthieu, dit le publicain, l'Apôtre ou l'Évangéliste ;
    • Marc, disciple de Pierre ;
    • Luc, dit le médecin bien-aimé, disciple de Paul de Tarse et à qui est aussi attribuée la rédaction des Actes des Apôtres ;
    • Jean dit l'Apôtre ou l'Évangéliste.

    Le plus ancien témoin littéraire de l'attribution des Évangiles à leurs auteurs traditionnels est daté de la seconde moitié du 2ème siècle, comme en attestent les écrits d'Irénée de Lyon.

    Irénée de Lyon, vers 200, a décrit très sobrement la formation des quatre évangiles : « Ainsi Matthieu publia-t-il chez les Hébreux, dans leur propre langue, une forme écrite d'évangile, à l'époque où Pierre et Paul évangélisaient Rome et y fondaient l'Église. Après le départ de ces derniers, Marc, le disciple et l'interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que prêchait Pierre. De son côté, Luc, le compagnon de Paul, consigna en un livre l'évangile que prêchait celui-ci. Puis Jean, le disciple du Seigneur, celui-là même qui avait reposé sur sa poitrine, publia lui aussi l'évangile tandis qu'il séjournait à Éphèse en Asie ».

    Toutefois, il est établi que l'Évangile selon Matthieu que nous connaissons a été directement composé en grec probablement à partir d'une version de l'Évangile selon Marc pour l'une de ses sources. Par ailleurs, il est établi que l'Évangile attribué à Jean a connu trois phases de rédaction et que l'auteur de l'Apocalypse attribuée à l'apôtre Jean, ne serait pas un de ses rédacteurs.

    Irénée était disciple de Polycarpe, lequel aurait été compagnon de Jean.

    Attribution historique, datation et composition

    Plusieurs de ces attributions ne sont pas reconnues par les historiens. Les évangiles auraient été écrits en plusieurs phases, par la deuxième ou troisième génération de disciples, vraisemblablement dans une fourchette qui oscille entre 65 et 95, d'après les différentes options historiographiques. Michel Quesnel parle de 65 et 953, comme la majorité des historiens et des exégètes, et Raymond Edward Brown donne la fourchette 70 - années 90, à plus ou moins 10 ans près. Les textes sont le fruit d'un long processus de recueil des paroles de Jésus de Nazareth. Ces paroles, parfois adaptées voire complétées, sont reprises dans les diverses situations de la vie des premières communautés chrétiennes et ensuite agencées à la manière d'une Vie (une Vita) à l'antique, qui ne relève cependant aucunement de la biographie. Ils ne seront par ailleurs appelés « évangiles » que vers 150.

    Si les spécialistes insistent sur les difficultés d'une datation plus précise de ces écrits, l'ordre chronologique de leur apparition est admis par la plupart d'entre eux. Les évangiles ne sont pas les textes les plus anciens du Nouveau Testament : leur rédaction est précédée par d'autres, comme une partie des épîtres de Paul (50 - 57) ou par l'Épître de Jacques (vers 60). Le premier Évangile est celui de Marc, écrit vers 70 à l'exception de la finale (Marc 16), largement ultérieure. Vers 80 - 90, suit l'Évangile selon Matthieu. L'Évangile selon Luc est daté de 80-85 et son auteur est sans doute le même que celui des Actes des apôtres, rédigés vers la même époque et dans un même style littéraire. Pour finir, celui selon Jean se situe entre 90 et 100, voire 110.

    Les Évangiles selon Matthieu, Marc et Luc, qui racontent l'histoire de Jésus d'un point de vue relativement semblable, sont dits synoptiques. L'Évangile selon Jean relève d'une autre christologie, appelée johannique.

    Selon la théorie des deux sources, admise par la quasi-totalité des chercheurs, les parties communes à Matthieu et à Luc dépendent à la fois de l'Évangile selon Marc et d'un document perdu appelé la source Q.

    Le plus ancien fragment d'un évangile est le Papyrus P52, daté d'environ 125 et qui est un très court extrait de l'évangile selon Jean.

    Les principaux codex contenant des versions à peu près complètes des évangiles, écrits en langue grecque, sont le codex Vaticanus et le codex Sinaiticus qui datent du milieu du 4ème siècle.

    Irénée, évêque de Lyon était une figure importante dans la défense des quatre principaux évangiles de Matthieu, de Marc, de Luc, de Jean dans le Nouveau Testament en 170. Irénée est le premier écrivain chrétien connu à avoir listé les quatre évangiles canoniques comme inspirés divinement. Il le fit probablement en réaction à la version de l'Évangile de Luc éditée par Marcion, car celui-ci affirmait que l'Évangile de Luc était le seul et véritable évangile. Irénée était aussi le premier à affirmer que l'Évangile de Jean était écrit par Jean l'apôtre, et que l'Évangile de Luc était écrit par Luc, le compagnon de Paul.

    Les trois premiers (l'Évangile selon Matthieu, l'Évangile selon Marc et l'Évangile selon Luc) sont qualifiés de synoptiques — ils présentent plus ou moins les mêmes épisodes — par opposition au quatrième (l'Évangile selon Jean) qui fait état d'une vision plus intériorisée du message chrétien, et qui est en fait plus mystique.

    Les Évangiles de Mathieu, Marc, Luc et Jean constituent les sources documentaires principales concernant la vie et l'enseignement de Jésus, qu'ils abordent chacun selon une perspective particulière tout en suivant le même schéma général et en transmettant la même philosophie.

    Sens des Évangiles et exégèse

    L'Église catholique reconnaît aux Évangiles (et à la Bible en général) quatre significations différentes :

    • le sens littéral, relatif à la réalité et à la signification historique des événements décrits, qui relève les éléments historiques contenus dans le texte ;
    • le sens allégorique ou spirituel, relatif à la signification religieuse, qui énonce ce que le texte apporte à la foi, au dogme ;
    • le sens moral, relatif à la relation entre le texte et le croyant ;
    • le sens anagogique ou mystique, relatif à la symbolique des faits rapportés dans les Écritures, qui leur donne une dimension eschatologique.

    Le premier sens relève de l'analyse historique des faits, les trois autres sont du domaine de la croyance. Pour un chrétien, ils sont indissociables et trouvent leur accomplissement dans la lectio divina, méditation personnelle des évangiles qui intègre ces quatre dimensions :

    « Ces quatre niveaux de sens correspondent en substance aux approfondissements que la lectio divina propose de faire au lecteur de l’Écriture, en le guidant du niveau historico-littéral (lectio) à son approfondissement révélateur et théologique qui fait émerger un message central (meditatio) auquel on répond par la prière et l’engagement dans la vie (oratio), jusqu’à donner à l’existence tout entière de partager le regard de Dieu sur les réalités humaines (contemplatio) ».

    Pour définir le sens des Évangiles, les chercheurs et les théologiens ont recours à l'exégèse. L'exégèse n'est pas le seul fait des croyants, notamment quand il s'agit d'analyser la réalité historique des éléments contenus dans les Évangiles. L'Église catholique romaine a donné des orientations générales sur la manière de conduire les études exégétiques : pendant le Concile Vatican II, la Commission Biblique Pontificale a fait paraître une Instruction sur la vérité historique des évangiles (21 avril 1964) qui a été favorablement accueillie comme guide de travail par les exégètes.

    Selon ses directives très ouvertes, il existe trois étapes de rédaction des Évangiles :

    • Prédication de Jésus et premiers témoins,
    • Prédication apostolique et formation des écrits,
    • Rédaction des Évangiles

    L'encyclique « Fides et ratio » (numéro 94) précise, en référence à cette instruction :

    « En ce qui concerne les textes bibliques, et les évangiles en particulier, leur vérité ne se réduit assurément pas au récit d'événements purement historiques ou à la révélation de faits neutres, comme le voudrait le positivisme historiciste (111). Au contraire, ces textes exposent des événements dont la vérité se situe au-delà du simple fait historique : elle se trouve dans leur signification dans et pour l'histoire du salut. Cette vérité reçoit sa pleine explicitation dans la lecture que l'Église poursuit au long des siècles, en gardant immuable le sens originel. Il est donc urgent que l'on s'interroge également du point de vue philosophique sur le rapport qui existe entre le fait et sa signification, rapport qui constitue le sens spécifique de l'histoire ».

    Cette instruction reçoit une confirmation des théologiens et exégètes actuels qui voient dans les évangiles des œuvres théologiques dont les auteurs ont plus une visée doctrinale qu'un souci historique.

    Les Évangiles comptent 47 paraboles. Elles sont toutes contenues dans les évangiles synoptiques. L'Évangile selon Jean ne comporte aucune parabole.

    Les Évangiles apocryphes

    Les récits de la vie de Jésus qui n'ont pas été retenus comme faisant partie du canon officiel ont été désignés sous le terme d' « évangiles apocryphes » (étymologiquement : « évangiles cachés »). Ils ont été longtemps délaissés, mais l'exégèse moderne s'y intéresse à nouveau.

    Les artistes, au cours des âges, en ont souvent retenu des légendes pieuses qui ont joué un assez grand rôle. Des collections de maximes, comme l'Évangile de Thomas, revêtent un intérêt historique. De même, l'Évangile de Pierre, dont un fragment a été retrouvé en Égypte en 1884, est le seul à contenir une description de la résurrection de Jésus. Elles semblent défendre des doctrines gnostiques. Certains de ces évangiles sont proches de légendes populaires tendant à combler les vides du récit des quatre évangiles réputés plus anciens. Parmi les traditions bien présentes dans l'Église catholique mais n'apparaissant pas dans les évangiles officiels, on trouve le nom des parents de Marie, mère de Jésus (qui se prénommeraient Anne et Joachim), ou la présence du bœuf et de l'âne dans la crèche où est né Jésus.

    Pourquoi quatre évangiles?

    Le Nouveau Testament débute par les quatre Évangiles (Matthieu, Marc, Luc et Jean). Ces quatre Évangiles sont la première et principale source d'informations sur la vie et le ministère de Jésus.

    Cependant, pourquoi avoir quatre Évangiles et pourquoi n'avons-nous pas un seul livre ouvrant le Nouveau Testament et qui raconterait la vie de Jésus-Christ?

    Lorsque l'on regarde les dates de rédaction des Évangiles, on remarque qu'ils n'ont pas été écrits juste après la mort et la résurrection de Jésus. Leur rédaction a commencé alors que les témoins de la vie de Jésus commençaient à mourir et alors que les premières communautés chrétiennes se développaient. Les évangiles sont donc là pour préserver ces témoignages.

    Les auteurs des Évangiles nous donnent des indications sur leurs raisons d'écrire. Luc précise qu'il souhaite présenter à son lecteur un récit le plus complet qui soit de la vie de Jésus (Luc 1:3). Jean précise que son souhait en écrivant cet évangile est de développer la foi de ses lecteurs (Jean 20:31).

    Quand on lit une biographie, ce que l'on recherche c'est une présentation la plus complète possible de la vie d'une personne, présentation qui nous permette de tout connaitre pour autant que cela soit possible. En cela les Évangiles ne sont pas comme nos biographies car aucun ne présente un récit complet comprenant tous les aspects de la vie de Jésus. Cependant, Luc prétend que son récit est digne de confiance et qu'il a interrogé les plus de témoins possibles avant de rédiger son évangile (Luc 1:1-4).

    Ainsi, les différents Évangiles que nous possédons répondent à des objectifs qui sont différents et sont adressés à des personnes différentes.

    Les auteurs

    Les quatre Évangiles portent les noms de leurs auteurs. Quand on commence la lecture (Matthieu 1:1 ou Marc 1:1 par exemple), le nom de l'auteur n'est pas mentionné.

    Comment donc les noms sont-ils apparus ? Deux types d'arguments ont conduit à associer les noms aux auteurs des Évangiles.

    Parfois des éléments du texte des Évangiles apportent des indices quant à l'auteur (comme par exemple en Jean 21:20-25).

    Un autre type d'argument est le fait que les premiers chrétiens et en particulier les Pères de l'Église des premier et second siècles après Jésus-Christ associaient déjà les textes des Évangiles avec leurs auteurs.

    Ainsi, Matthieu (aussi appelé Lévi) était l'un des disciples de Jésus et est considéré comme l'auteur du premier Évangile. On pense qu'il a rédigé ce livre vers les années 50-60 de notre ère. Ce qui frappe lors de la lecture de cet Évangile ce sont les nombreuses citations de l'Ancien Testament ce qui tend à montrer que les premiers lecteurs étaient des Juifs convertis auxquels Matthieu voulait montrer que Jésus est le Messie.

    Marc est l'auteur du second Évangile. C'était l'un des proches de l'apôtre Pierre (ce qui permet d'avoir une idée de ses sources pour la rédaction). Marc est aussi connu sous le nom de Jean-Marc et il apparaît dans d'autres textes du Nouveau Testament (Actes 12:12; 1 Pierre 5:13). Il semble que son livre ait été rédigé plus tardivement aux environs de 63-68 après Jésus-Christ et que les lecteurs étaient des chrétiens non-Juifs.

    L'Évangile de Luc est le premier volume rédigé par Luc, un compagnon de l'apôtre Paul, le second étant les Actes des apôtres. Cet évangile aurait été rédigé entre 60 et 80 après Jésus-Christ. Un trait caractéristique de cet évangile est le fait que Jésus est présenté comme le Sauveur de tous les hommes. A cet effet Luc mentionne de nombreux exemples où Jésus exerce son ministère parmi les personnes en marge de la société du premier siècle.

    Enfin, l'Évangile de Jean est associé à Jean l'un des fils de Zébédée qui était un des douze disciples. La rédaction de cet évangile est plus tardive et se serait faite entre les années 80 et 100 c'est-à-dire à la fin du premier siècle.

    Les Évangiles synoptiques

    Lorsqu'on lit les Évangiles il apparaît que l'Évangile de Jean est différent des trois autres (Matthieu, Marc et Luc). Ces derniers présentent en effet de très nombreuses ressemblances qui font penser que les auteurs ont eu des sources communes. En particulier on retrouve beaucoup d'épisodes communs à ces trois livres. 601 des 661 versets de l'Évangile de Marc se retrouvent dans l'Évangile de Matthieu et/ou dans l’Évangile de Luc.

    De nombreuses théories ont été proposées pour expliquer cela. Sans les détailler toutes, il semble que le premier évangile rédigé (Matthieu) ait servi de base pour la rédaction des deux autres. Les autres auteurs utilisèrent aussi d'autres sources pour compléter leur récit. Il est important de rappeler que les évangiles ne constituent pas des biographies mais avait pour fonction de préserver l'enseignement de Jésus et d'encourager les premières communautés chrétiennes.

    S'il y a de nombreuses similitudes entre eux, ces trois Évangiles synoptiques ont des thèmes centraux différents :

    L'Évangile de Matthieu cherche à démontrer que Jésus est le Messie et il sert aussi à encourager les croyants d'origine juive à suivre l'enseignement du Christ. Saint Matthieu s'est attaché à montrer comment Jésus a accompli les Écritures qui annonçaient sa venue et ce qui le concernait.

    L'Évangile de Marc met en avant les actes de Jésus (miracles, exorcismes) plutôt que les discours. Saint Marc a voulu montrer que c'est par la façon dont il a vécu et est mort que Jésus témoigne qu'il est bien le Fils du Dieu qui s'abaisse jusqu'à l'homme. On note aussi que la formation et l'enseignement des disciples y prend une place importante.

    L'Évangile de Luc d'abord destiné à Théophile insiste sur l'universalité du message de Jésus et montre le ministère de Jésus parmi les personnes en marge de la société de l'époque. L'Evangile de saint Luc est avant tout Bonne nouvelle de la miséricorde, du pardon de Dieu.

    L'Évangile de Jean

    L'Évangile de Jean présente plusieurs différences par rapport aux autres Évangiles :

    • Il n'y a pas de récit de la nativité ni de généalogie du Christ.
    • Il n'y a pas de récit de la tentation de Jésus ni de son baptême.

    Saint Jean s'est attaché à nous montrer Jésus en relation constante avec Dieu son Père dont il vient et auquel il retourne. Le but de Jean est clairement la foi en Jésus Messie, Fils de Dieu.

    Le récit semble être construit autour de sept paroles importantes (les sept « Je suis ») et sept miracles, et moins d'éléments du ministère du Christ nous sont rapportés.

    Par contre, Jean semble beaucoup plus intéressé à montrer l'identité de Jésus et en particulier le fait qu'il est le Fils de Dieu. Pour certains, le fait que les questions de l'identité et de la divinité de Jésus soient centrales au texte traduit une rédaction plus tardive et montre la préoccupation qu'avaient les chrétiens de la fin du premier siècle.

     Lien vers une analyse plus approfondie de l'Évangile de Jean

    En conclusion

    Nous avons quatre Évangiles car plusieurs auteurs ont accompli le travail d'interroger les témoins de la vie de Jésus. Ils l'ont fait pour plusieurs raisons et parce qu'ils voulaient encourager des communautés chrétiennes différentes.

    La diversité dans les quatre Évangiles permet de parler différemment à différentes communautés. Cela nous permet aussi de découvrir plusieurs facettes de Jésus. Une façon d'illustrer cela est de considérer les représentations symboliques des Évangiles qui ont été faites il y a plusieurs siècles. Ce qu'on appelle le tétramorphe est le fait que quatre figures ont été choisies pour représenter les évangiles : l'homme pour l'Évangile de Matthieu, le lion pour l'Évangile de Marc, le taureau pour l'Évangile de Luc et l'aigle pour l'Évangile de Jean. Ces figures représentent aussi des aspects centraux de la vie de Jésus : sa naissance et son incarnation (l'homme), la tentation dans le désert (lion), sa mort (le taureau) et son ascension (l'aigle).

    Liens vers le parchemin « Le Tétramorphe »

    Enfin, s'il y a des différences entre les quatre Évangiles et parfois des difficultés à les harmoniser, il y a aussi un message central commun à ces quatre livres : les Évangiles nous racontent la naissance de Jésus le Fils de Dieu, sa vie et son ministère parmi les hommes, sa mort et sa résurrection. C'est cela le message de l'Évangile.

    Synthèse de recherches mise en page par le Frère André B.

    Références :

    Bibliographie

    Daniel Marguerat

    Introduction au Nouveau Testament : son histoire, son écriture, sa théologie

    Editions Labor et Fides, 2008, p. 13

     

    Pierre Geoltrain

    Les origines du christianisme : comment en écrire l'histoire

    in « Aux origines du christianisme »

    Editions Gallimard / Le Monde de la Bible, 2000, p. XVII

     

    Raymond Edward Brown

    Que sait-on du Nouveau Testament ?

    Editions Bayard, 2000

     

    André Benoît

    Saint Irénée : introduction à l'étude de sa théologie

    Presses universitaires de France, 1960, p. 112.

     

    Hans Conzelmann et Andreas Lindemann

    Guide pour l'étude du Nouveau Testament

    Editions Labor et Fides

     

    Jean Carmignac

    La Naissance des évangiles synoptiques

    Éditions F.X. de Guibert, 1984

     

    Sitographie

    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vangiles

    https://www.universdelabible.net/la-bible/une-bibliotheque/pourquoi-quatre-evangiles

    https://www.google.be/search?q=les+%C3%A9vangiles&oq=les+%C3%A9vangiles&aqs=chrome..69i57.3918j0j8&sourceid=chrome&ie=UTF-8


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    Les quatre Évangélistes

    Si Jésus n'a laissé aucun témoignage écrit, d'autres se sont chargés de relater ses actes et de rapporter ses paroles.

    Notre foi repose sur le témoignage des apôtres. Parmi ceux qui ont relaté les épisodes marquants de la vie de Jésus, les quatre témoins les plus célèbres, retenus par l'Eglise, sont les Évangélistes Matthieu, Marc, Luc et Jean. Leurs quatre textes ont été écrits dans le siècle qui a suivi la naissance du Christ. Le premier, celui de Marc, daterait de 67. Ceux de Matthieu et Luc auraient été écrits vers 80-90. Enfin, Jean aurait rédigé son œuvre un peu avant 100, soit 70 au plus après la mort du Christ.

    Ces Évangélistes sont les auteurs respectifs des Évangiles (Matthieu, dit « le publicain », Marc, Luc et Jean dit « l'Apôtre » ou «l'Évangéliste»). Ils ne se présentent pas par leur nom dans leurs œuvres et il n'existe aucune preuve que les anciens titres sont bien les originaux. La plupart des chercheurs modernes estiment donc plus sûr d'affirmer que les auteurs furent anonymes, et que leurs noms furent attribués aux récits par les générations suivantes de chrétiens.

    Les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc présentent de nombreux points communs. On les qualifie de « synoptiques », parce qu'on peut les présenter en colonnes pour mieux les comparer. Le quatrième Évangile, celui de Jean, apparaît bien spécifique, dans son plan comme dans les thèmes qu'il aborde.

    Les quatre Évangélistes sont représentés sous formes allégoriques du Tétramorphe : l'homme ailé ou l'ange pour saint Matthieu, l'aigle pour saint Jean, le taureau pour saint Luc et le lion (souvent ailé) pour saint Marc.

    Lire à ce sujet le parchemin intitulé « Les Évangélistes et le Tétramorphe »LIEN

    Lire à ce sujet le parchemin intitulé « Le Tétramorphe » : LIEN

      * 16 - Les quatre Évangélistes   * 16 - Les quatre Évangélistes   * 16 - Les quatre Évangélistes

    Matthieu

    Son évangile est destiné aux nouveaux chrétiens d'origine juive. Il semble daté des années 80. Il aurait été rédigé en Jordanie ou en Syrie. L'auteur est manifestement un juif pétri de culture biblique devenu chrétien. Il écrit, avec de nombreuses références à l'Ancien Testament, pour des juifs qui ont choisi de suivre le chemin de Jésus. Dans son texte apparaissent les tensions entre juifs, notamment à l'égard de ceux qui ont quitté leur univers d'origine pour se réclamer du Christ.

     * 16 - Les quatre Évangélistes

    Matthieu, soucieux de marquer la continuité entre ces communautés, débute son témoignage par une généalogie qui présente Jésus comme le descendant de David. Au fil de nombreux renvois à l'Écriture, Jésus est présenté comme un nouveau Moïse, qui interprète et radicalise la Loi. L'auteur laisse entendre que Jésus sera reconnu par des étrangers à son peuple. Il explique que la Loi juive devient une loi intérieure, qui consiste essentiellement à aimer son prochain.

     * 16 - Les quatre Évangélistes  * 16 - Les quatre Évangélistes  * 16 - Les quatre Évangélistes 

    Mais que savons-nous de saint Matthieu ?

    Matthieu est probablement d'origine juive, galiléen de naissance.

    Probablement né à Capharnaüm, ville située au nord-ouest du lac de Génésareth, en Galilée, Lévi, de son nom de naissance, était le fils d'Alphée. Capharnaüm, située sur une des routes principales qui reliaient Damas à la Méditerranée et à l'Égypte, possédait un bureau où l'on percevait à la fois les droits de douane, d'octroi et de péage. Il était receveur des tributs – collecteur d'impôts – pour les romains c'est-à-dire « publicain ».

    C'était un homme cultivé, de formation grecque. Le jour où Jésus, de passage devant son bureau de péage, lui demanda de le suivre, Lévi, captivé par les propos de Jésus abandonna tout quittant sa fonction de publicain, devint un de ses disciples, un des 12 apôtres de Jésus et pris le nom de Matthieu.

    Après la crucifixion de Jésus, selon la tradition orale de l'Eglise, il passe un temps en Egypte, puis part en Ethiopie. Arrivé à Naddaver, il prêche et combat l'influence de deux mages et devient populaire en opérant la résurrection du fils du roi. Défendant une vierge consacrée au Seigneur contre l'avidité d'un prince, Matthieu s'attire la colère du roi Hirtiacus. Il est assassiné au cours d'une célébration. Sur la question de la fin de sa mission et de sa mort, coexistent cependant de nombreuses légendes concurrentes.

    Saint Matthieu, apôtre, ou Matthieu l'Évangéliste est le saint patron des percepteurs, des comptables, des fiscalistes et des banquiers. Il est fêté le 21 septembre en Occident, le 16 novembre en Orient.

    Lire à ce sujet le parchemin relatif à la fête de saint Matthieu : LIEN

    Marc

    Son Évangile, le plus court des quatre, est le plus ancien, rédigé vers 65-70, probablement Rome. Selon certaines traditions, Marc aurait été un disciple de Pierre. Ce livre est destiné à un public, peut-être romain, ébranlé par les persécutions de Néron, qui connaît mal le judaïsme palestinien. Marc cite peu la Bible, et il explique les mots et les usages juifs.

     * 16 - Les quatre Évangélistes

    Son écriture grecque est populaire, facile d'accès, pleine de vie. Il présente Jésus comme libre, refusant d'être le Messie politique et royal que les Juifs attendaient. Il est ouvert aux non-juifs. Dans son texte, c'est le centurion romain, donc étranger au monde juif, qui donne la clé finale, au pied de la croix : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ». Au centre de cet évangile, la croix. Chaque lecteur comprend ainsi que lui aussi doit prendre ce risque-là.

     * 16 - Les quatre Évangélistes   * 16 - Les quatre Évangélistes   * 16 - Les quatre Évangélistes

    Mais que savons-nous de saint Marc ?

    Selon la tradition copte orthodoxe, Marc serait né dans la province romaine de Cyrénaïque probablement dans la ville de Cyrène, dans la Libye actuelle, trois ans après la naissance de Jésus. Marc est donc un Juif du 1er siècle, mentionné dans les Actes des apôtres et différentes épîtres dans lesquels il est désigné comme « Jean surnommé Marc » ou « Jean-Marc » et présenté comme proche des apôtres Pierre et Paul.

    La tradition chrétienne lui attribue la rédaction de l'Évangile synoptique qui porte son nom dans le Nouveau Testament et a ajouté plusieurs récits concernant sa vie.

    Son nom juif est Jean, Marc n'étant que son nom ou surnom romain. C’est pourquoi la tradition l'identifie au Jean-Marc des Actes des Apôtres dont la mère est appelée Marie de Jérusalem et au Marc de l'Épître aux Colossiens mais les chercheurs actuels jugent cette identification spéculative.

    Ses parents auraient immigré en Palestine peu de temps après sa naissance, en raison d'attaques berbères sur leur ville et sur leur propriété. Ils se seraient installés à Cana en Galilée où Jésus effectuera le miracle de la transformation de l'eau en vin, selon l'Évangile attribué à Jean, réputé être le premier « miracle » de Jésus. Marc aurait été un des intendants qui servaient au cours de cette fête.

    Quelques années après leur installation à Cana, le père de Marc meurt et Pierre qui était marié à une parente du père de Marc prend soin de lui, le considérant comme son fils. Lorsque Pierre s'évade de la prison où l'avait jeté Hérode (probablement un des deux rois Agrippa ou Hérode de Chalcis), il habite avec sa mère (membre éminent de l'Église de Jérusalem) à Jérusalem, leur riche maison servant de lieu de réunion pour les premiers adeptes de Jésus (13 Actes 12, 13).

    Plus tard, Marc est devenu le disciple, le secrétaire et le compagnon inséparable de l'apôtre Pierre avec qui il a annoncé la « Bonne Nouvelle » auprès des Juifs de Judée (5 Actes 13, 5) sans que l'on sache précisément identifier sa fonction aux côtés de l'apôtre. Il dirige alors des communautés juives de Rome. Il compte ensuite parmi les « collaborateurs » de Paul qui l'appelle à ses côtés à Rome à la fin de sa vie.

    Selon la tradition chrétienne, saint Marc quitta l'Italie pour retourner « enseigner » dans la Pentapole de Libye, en Cyrénaïque, et en Égypte où il fonda l'Église d'Alexandrie. Au 4ème siècle, Eusèbe de Césarée désigne Marc comme fondateur de l'Église d'Égypte.

    Marc est devenu le symbole de la ville de Venise après un vol de ses reliques par deux marchands vénitiens. Marc est vénéré comme saint et célébré par la plupart des églises chrétiennes le 25 avril et par l'Église orthodoxe de Grèce le 27 septembre.

    Selon la tradition, Marc serait mort martyr en 68 mais on ne connaît pas sa date de naissance.

    Lire à ce sujet le parchemin relatif à la fête de saint Marc : LIEN

    Luc

    Son Évangile aurait été rédigé vers l'an 85, à Antioche, après la ruine de Jérusalem et la destruction du Temple en l'an 70. L'écriture semble être celle d'un homme de culture grecque, qui s'adresse à des communautés grecques autrefois païennes, loin du judaïsme. Son « second tome » s'intitule les Actes des Apôtres, et fait partie également du Nouveau Testament.

     * 16 - Les quatre Évangélistes

    Ces deux livres constituent la première « histoire » du christianisme, débutant à la naissance de Jésus jusqu'à l'arrivée de Paul à Rome, soixante ans plus tard. Luc introduit des épisodes absents des autres évangiles, comme par exemple celui du Bon Samaritain. Il insiste sur le fait que « la Bonne Nouvelle » n'est pas réservée aux Juifs.

      * 16 - Les quatre Évangélistes   * 16 - Les quatre Évangélistes   * 16 - Les quatre Évangélistes

    Mais que savons-nous de saint Luc ?

    Luc l'Évangéliste ou saint Luc est un personnage dont on sait peu de chose mais qui a effectué un important travail sur une partie du Nouveau Testament. La tradition chrétienne le considère comme l'auteur de l'Évangile qui porte son nom, ainsi que des Actes des Apôtres. Cette hypothèse est admise par le consensus historien.

    Luc est un personnage dont on ne sait quasiment rien, mais qui a exercé au cours des années 80-90 une importante activité littéraire sur plusieurs textes du Nouveau Testament.

    Le christianisme le présente à partir du 2ème siècle comme un Syrien d'Antioche, médecin de profession. Mais aucun élément probant ne vient étayer la profession médicale de Luc.

    La tradition fait de Luc un compagnon de Paul. Il le défend contre ses détracteurs, afin de prouver qu'il mérite aussi bien que Pierre le titre d'apôtre, et se fait un ardent propagateur de ses idées, spécialement en ce qui concerne la justification (ou le salut) par la foi.

    Il est impossible d'établir une biographie de Luc et les quelques éléments que l'on peut donner à son sujet sont bien maigres. Diverses traditions, souvent inconciliables, occultent les dernières années de la vie de Luc : même si on lui accorde le titre de martyr, il est plus probable qu’il soit mort de mort naturelle, à un âge avancé, en Béotie, après avoir évangélisé l’Achaïe. A la mort de Paul, Luc serait venu évangéliser en Macédoine. Vivant une vie de moine, il serait mort à l'âge de 84 ans ?

    Consulter à ce sujet le parchemin relatif à la fête de saint Luc : LIEN

    Jean

    Ce texte, fort différent des trois autres Évangiles, semble être le résultat d'une longue élaboration littéraire, aboutie vers l'an 90, probablement dans la région d'Éphèse, dans la Turquie d'aujourd'hui. Il s'adresse à un public féru de philosophie grecque. C'est une œuvre méditative, qui relate peu d'événements. Jean insiste sur la relation étroite qui lie Jésus à Dieu. Était-il Jean, fils de Zébédée, l'un des douze compagnons de Jésus, celui « que Jésus aimait » ? Ou bien Jean dit l'Ancien, l'un des disciples de Jérusalem ?

     * 16 - Les quatre Évangélistes

    Son texte est le seul à mettre en scène les noces de Cana, la rencontre avec la Samaritaine, le lavement des pieds. Jésus y est présenté comme le Verbe, la Parole de Dieu. Jean insiste sur la dimension symbolique des événements, des "signes" qu'il relate, qu'il appartient à chacun de reconnaître.

     * 16 - Les quatre Évangélistes  * 16 - Les quatre Évangélistes  * 16 - Les quatre Évangélistes

    Mais que savons-nous de saint Jean ?

    Personnage connu par les Évangiles canoniques, les Actes des Apôtres et la première tradition patristique (Irénée), l'apôtre Jean, fils de Zébédée et de Salomé, né à Bethsaïde, était le frère de saint Jacques le Majeur et exerçait le métier de pêcheur. Avant le ministère de Jésus, il semble probable (d'après Jean, I, 25-40) qu'il ait d'abord été disciple de Jean le Baptiste. Il devint ensuite l'un des Douze (Matthieu, IV, 21).

    Ses frères Jacques et Pierre formaient avec lui le groupe privilégié des disciples de Jésus (témoins de la résurrection de la fille de Jaïre, de la transfiguration et de l'agonie de Gethsémani). Avant, comme après la résurrection du Christ, Jean est souvent nommé avec Pierre. Le collège de Jérusalem envoie les deux apôtres ensemble à Samarie (Actes, VIII). Dans le quatrième Évangile, Jean est appelé « le disciple que Jésus aimait », façon de compenser, peut-être, la grande autorité dont fut investi Pierre, son compagnon. Il est le seul des Douze à être mentionné au moment de la mort de Jésus.

    Une tradition, assez digne de foi, le fait venir à Éphèse, d'où il gouverna les Églises d'Asie Mineure, probablement après 60. Il aurait été exilé ensuite à Patmos, sous Domitien (81-96). Revenu à Éphèse sous Nerva (96-98), c'est là qu'il serait mort, au début du règne de Trajan (98-117). 

    Consulter à ce sujet le dossier consacré à saint Jean l’Évangéliste : LIEN

     Synthèse de recherches mises en page par le Frère André B.

    Références :

    http://croire.la-croix.com/Definitions/Bible/Evangeliste/Les-quatre-evangelistes

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Matthieu_(ap%C3%B4tre)

    http://matthieu.com/saint-matthieu.html

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_(%C3%A9vang%C3%A9liste)

    https://www.la-croix.com/Religion/Spiritualite/Saint-Marc-l-evangeliste-reporter-_NP_-2012-04-20-797058

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_(%C3%A9vang%C3%A9liste)


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    Les Béatitudes évangéliques

    Dans l’Évangile de saint Matthieu 5, 1 à 12, Jésus voyant les foules gravit la montagne, prit la parole et les enseignait en disant:

    Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !

    Heureux les doux: ils obtiendront la terre promise !

    Heureux ceux qui pleurent: ils seront consolés !

    Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice: ils seront rassasiés !

    Heureux les miséricordieux: ils obtiendront miséricorde !

    Heureux les cœurs purs: ils verront Dieu !

    Heureux les artisans de paix: ils seront appelés fils de Dieu !

    Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice: le Royaume des cieux est à eux !

    Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute

    et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

    Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

    Commentaires

    1. Jésus n’annonce pas un bonheur ou un malheur mais plutôt une manière paradoxale de vivre ce qui nous apparaît comme bonheur ou malheur.

    Au fil du texte : Un bonheur paradoxal

    Selon Matthieu, c'est le début du premier discours de Jésus. La série des Béatitudes est donc un commencement. Un commencement au même titre que d’autres commencements dans la Bible ?

    La parole de Dieu est au commencement de toute la création (Gn 1). Elle dit et fait ce qu’elle dit, mais ce n’est pas une béatitude. Et cependant, à la fin de chaque étape de la création, Dieu voit que tout cela est bon…

    D'une montagne à l'autre

    Autre commencement majeur : le don de la Loi, l’alliance du Sinaï (Ex 19-24). Cela se passe sur la montagne et, pour la conclusion de l’alliance, Moïse est assis pour un repas avec 70 des anciens d’Israël : cela ressemble un peu à Jésus assis sur la montagne avec ses 12 disciples. Les premières phrases de l’alliance du Sinaï, ce sont les Dix Paroles (le Décalogue, Ex 20). Elles commencent par un tout petit récit : « …je t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude » qui rappelle à tout Israël les merveilles de l’Exode. Mais il s’agit d’autre chose sur la montagne avec Jésus : non le récit des merveilles du passé, mais la déclaration des Béatitudes. C’est une autre manière de faire naître un peuple, une manière qui s’adresse à tous, pas seulement à Israël libéré par YHWH (Le Seigneur).

    Une joie inouïe

    Suivons le fil du texte de Mathieu. Le mot « heureux » revient neuf fois. Une liste à neuf termes, cela paraît une liste incomplète (rappelons-nous les Dix Paroles !). Mais la liste des Béatitudes s’achève par l’injonction du v. 12 : « Soyez dans la joie et l’allégresse… ». Ainsi est explicité le mot « heureux » : ceux et celles que Jésus déclare heureux, répondront à cette déclaration en se tenant dans la joie et l’allégresse. Paradoxe des Béatitudes : ceux et celles que Jésus déclare heureux ne se croyaient sans doute pas tels ! Mais que Jésus le leur déclare et cela engendre en eux une joie inouïe.

    Notons que les deux dernières déclarations de Jésus (v. 11-12) diffèrent des précédentes. Elles s’adressent à un « vous » : « Heureux êtes-vous lorsque… » Alors qu'il paraissait s'adresser à la foule, Jésus se tourne-t-il maintenant vers quelques-uns en particulier ? Difficile à savoir. L'important, c’est qu'en s'adressant à quelques-uns (« vous »), Jésus parle aussi de lui : « … à cause de moi ». Le secret des déclarations de Jésus tient dans la relation entre lui et ceux à qui il parle. Si les Béatitudes parlent à tout homme et lui disent qu’il a vocation - paradoxale - à être heureux, la joie et l’allégresse qui couronnent ce paradoxe sont le fruit de la relation à Jésus : « …à cause de moi ».

    Un avenir ouvert

    L'ensemble des huit premières Béatitudes (v. 3-10) est délimité par la mention du Royaume des cieux (v 3.10), introduit par un verbe au présent : « … à eux est le Royaume des cieux » alors que toutes les autres (v. 4-9) emploient un verbe au futur : « ils hériteront… seront consolés… etc. » Les Béatitudes sont des déclarations qui valent pour le présent : « Le Royaume des cieux (ou de Dieu) est parmi vous » ne cessera de proclamer Jésus sur les routes de Galilée. Et cette présence du Royaume dans notre présent nous ouvre un avenir : hériter, être consolé, être rassasié…

    Les Béatitudes sont formulées de manière constante : « Heureux ceux qui… ». Ceux qui sont déclarés heureux sont caractérisés par un adjectif (par un état) : pauvre en esprit, doux, affligé, pur de cœur, ou bien par un verbe (par une action) : avoir faim et soif, faire miséricorde, faire la paix, être persécuté. Cette manière de formuler les choses rappelle, par contraste, les malédictions proclamées autrefois par les prophètes : « Malheur à ceux qui… » (cf. par ex. Am 5,18 et 6,1 ou la liste de sept malédictions en Is 5,8-25 et 10,1-4). À leurs contemporains stigmatisés ainsi pour leurs injustices, les prophètes annoncent pour conséquence un grand malheur. Au fond, les Béatitudes ont quelque chose de prophétique. A ceci près que le prophète Jésus n’annonce pas un malheur mais plutôt une manière paradoxale de vivre ce qui nous apparaît comme malheur, à savoir être persécuté à cause de lui ! Il est possible de vivre toute notre vie avec l’allégresse au cœur à cause de lui et avec lui, si nous nous attachons à lui pour apprendre de lui comment vivre ce paradoxe.

    La justice du Royaume

    De qui parle Jésus ? Les quatre premières Béatitudes s’adressent à des personnes qui vivent manifestement un manque : être pauvre (ou humble, voire humilié), être doux (sans violence ?), être affligé, avoir faim et soif… de justice ! Le manque fondamental, en fait, est celui de la justice et il donne sens à tous les autres.

    Les quatre Béatitudes suivantes restent dans la thématique de la justice, mais cette fois au niveau d’un « engagement » : faire miséricorde, être pur de cœur, faire la paix, être persécuté à cause du combat pour la justice. Sous différentes facettes, on peut dire que les Béatitudes déclarent heureux ceux et celles pour qui la justice (du Royaume, cf. Mt 5,20) est un enjeu majeur. Si les prophètes dénonçaient ceux qui pratiquaient l’injustice, Jésus déclare heureux ceux qui placent au centre de leur vie le souci de la justice.

    Dans cette perspective, il faut noter enfin que Jésus parle très concrètement : de l’esprit (ou du souffle), du cœur, d’avoir faim et soif, du regard (et des pleurs). Le paradoxe par lequel Jésus déclare heureux ceux et celles qui ne se pensaient pas tels, mais qui sont concernés par la justice, touche au plus intime de notre être. Car ce paradoxe a quelque chose à voir avec la relation à Dieu : voir Dieu (v. 8), être appelé fils de Dieu (v. 9). En faisant confiance aux déclarations des Béatitudes, à la suite de Jésus qui nous ouvre ce chemin, ce qui nous est promis n’est rien de moins que la joie et l’allégresse d’une relation filiale avec Dieu.

    Jean-Marie Carrière

    2. « Tout l’Évangile est contenu dans les BéatitudesRegardez-les de près ! »

    Tant d’événements se sont passés ici, au bord du lac de Tibériade ! La pêche miraculeuse que nous venons de méditer, la multiplication des pains un peu plus loin et, de l’autre côté de la montagne, les noces de Cana en Galilée, ou encore la résurrection du fils de la veuve de Naïm, un petit village situé juste au pied du Thabor. Un nombre impressionnant de miracles !

    Mais y a-t-il une clé pour entrer dans ce message ? Qu’est-ce qui pourrait nous permettre de comprendre ce que Jésus a dit, tout ce qu’il a fait ? L’Évangile de saint Matthieu, au chapitre 13 qui compte sept paraboles, en rapporte deux petites dont je vais me servir pour montrer la place exceptionnelle des Béatitudes, et comment elles peuvent nous aider à comprendre l’enseignement du Seigneur et tout son ministère public.

    Le Royaume des Cieux est comparable à un champ dans lequel quelqu’un a trouvé un trésor, il vend tout ce qu’il possède et achète le champ (cf. Mt 13, 44). Ce champ, commente saint Augustin, représente « les vastes plaines de l’Écriture ». Et les Béatitudes sont comme le trésor dans ce champ. Dans la parabole qui suit, on nous parle d’un négociant en perles fines qui a trouvé une « perle de grande valeur ; il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle » (vv 45-46).

    Les Béatitudes, la perle de l'Évangile !

    Pour moi, les Béatitudes sont la perle, le trésor de l’Évangile. Pour bien les connaître, il faut commencer par les apprendre par cœur - les huit, les neuf et peut-être même les dix Béatitudes, si l’on entend les paroles qui suivent « Vous êtes le sel de la terre… ; vous êtes la lumière du monde » (vv. 13-14), comme une dixième Béatitude. Elles sont la meilleure porte pour entrer dans l’Évangile ; elles nous expliquent tout, nous ouvrent tout.

    Par la lumière des Béatitudes, tout s’éclaire. Jésus résume et explique sa mission. Il nous donne le sens de chacun de ses miracles, de chacune de ses paraboles. Gardez-les en mémoire, au fond de vous. Et, à chaque fois que vous ouvrez l’Évangile, quand vous méditez sur un miracle, comme nous venons de le faire pour la pêche miraculeuse, demandez au Seigneur de vous révéler pourquoi il dit ceci, dans quel état d’esprit il fait cela et pourquoi. Si les Béatitudes « habitent » votre être intérieur, aussitôt l’une d’elles viendra « se poser » si je puis dire, spontanément, sur tel miracle ou telle parabole de Jésus. Ce sera comme une lumière nouvelle sur ce passage de l’Évangile.

    Avec les Béatitudes, parcours tout l’Évangile !

    Ainsi, au bord du lac, en ce moment où nous vivons le premier grand rassemblement de notre pélerinage, je vous invite à profiter de ces jours pour vous « promener » dans l’Évangile, avec les Béatitudes. Vous prenez l’une d’elles : « Heureux les doux ! », par exemple. Et vous demandez à Jésus de vous expliquer ce que veut dire « être doux ». Et il vous répond : Venez à moi, et je vous apprendrai à être doux et humble de cœur, mettez-vous à mon école (cf. Mt 11, 28-29). Vous verrez sa douceur à chaque fois qu’il approche ceux qui souffrent, puis il vous conduira jusqu’à la croix où, dans sa souffrance, il parvient encore à s’adresser avec douceur à sa mère : « Femme, voici ton fils », puis au disciple bien-aimé : « Voilà ta mère » (Jn 19, 27-28). «Heureux les pauvres !» Et toi, Jésus, montre-moi comment tu es pauvre. Ce n’est pas difficile à voir, il suffit de l’entendre dire : « Les renards ont des terriers, et les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a même pas une pierre où reposer la tête » (Mt 8, 20), puis nous appeler : Si tu as le courage, « suis-moi ». Voilà ce qu’il offre à ceux qui veulent le suivre.

    Après la méditation que nous venons de faire sur le récit de la pêche miraculeuse, je pourrais vous poser cette question : quelle Béatitude vous vient à l’esprit quand vous repensez à ce miracle ? Pierre a pêché toute la nuit, sans rien prendre. Et quand Jésus lui dit : « Avance au large et jetez les filets ! », il pourrait répondre : « Ce n’est pas ton métier, occupe-toi de ce que tu connais ! ». Mais il obéit, et c’est la surabondance : « Ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient ». Rappelez-vous la fin du passage : « Désormais ce sont des hommes que tu prendras » (Lc 5, 10), dit Jésus à Pierre. J’ai soif que tous les hommes viennent dans ces filets, pour que je les ramène vers Dieu. Je suis sorti du cœur de mon Père pour vous faire entrer tous, dans cet amour de la Trinité ! Comprends-tu cette soif ?

    Les Béatitudes sont vraiment la perle de l’Évangile, parce que chacun de ses épisodes peut être éclairé par l’une d’elles. Elles sont comme un autoportrait de Jésus. Une par une, elles nous décrivent les traits de sa personnalité. Lui, il est tellement discret qu’il ne parle jamais de lui, et pourtant toutes les pages de l’Évangile nous décrivent son visage et contribuent à le faire mieux connaître. Tenez, par exemple : « Le semeur est sorti pour semer la semence » (Luc 8, 5). La semence est tombée sur les cailloux, sur les ronces, ou dans la bonne terre. Jésus explique que la semence, c’est la Parole, et les sols qui la reçoivent correspondent à nos diverses situations humaines ou spirituelles. Mais qui est le semeur ? Il ne le dit pas, mais tout le monde comprend que c’est Lui. Et il voudrait que cette semence donne beaucoup de bon grain !

    « Pour comprendre l’Ecriture et déchiffrer le sens de l’univers, il existe une méthode simple : chercher Jésus, contempler Jésus, servir Jésus, imiter Jésus, s’approcher de Jésus, saisir Jésus, suivre le Logos en suivant Jésus » (Origène).

    Il serait intéressant d’apprendre les Béatitudes par cœur. On les garderait ainsi toujours en mémoire, dans le cœur et sur les lèvres. Ainsi, en voyant le Seigneur agir, en entendant chacune de ses paroles, on comprendrait pourquoi il se comporte ainsi. En le voyant, en l’écoutant, on saurait ainsi ce que signifie avoir le cœur pur, être pauvre, doux, miséricordieux ou artisan de paix…

    Les Béatitudes sont le trésor de l’Évangile et l’autoportrait de Jésus. Elles nous révèlent son visage.

    Cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon

    Synthèse de recherches mise en page par le Frère André B.

    Sources :  

    https://www.mavocation.org/vocation/suivre-jesus-christ/214-le-christ-notre-maitre/1106-les-beatitudes.html

    https://lemessin.wordpress.com/2009/11/01/les-beatitudes-un-autoportrait-de-jesus/

    https://fr.zenit.org/articles/les-beatitudes-sont-un-auto-portrait-de-jesus-selon-le-card-barbarin/


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  • Notre Frère Chapelain Jean-Paul VS nous propose une cinquième analyse du

    « Notre Père »

    Nous récitons souvent cette prière mais la prions nous, et, savons-nous ce que nous disons en répétant la prière donnée par Jésus ?

    Bernadette Thésin

    Mais si vous rendez vivantes en vous les trois premières phrases  de la prière, elles vous conduiront alors devant les marches du Trône de Dieu. Elles en sont la voie lorsqu’elles arrivent à être vivantes dans une âme ! Nulle autre n’y conduit. Mais celle-ci sûrement ! Cependant aucune de vos prières ne pourra y parvenir si vous ne vivez pas ces phrases.

      * 07 5 - Analyse du "Notre Père"

    Cela doit être une proclamation d’attachement et pourtant de joie lorsque vous osez dire :

    « Notre Père, qui es aux Cieux ! ».

    Dans cet appel repose votre affirmation sincère : « je Te donne, ô Dieu, tous droits paternels sur moi, auxquels je veux me soumettre candidement en m’inclinant ! Ainsi, je reconnais également Ta souveraine Sagesse, Dieu, en tout ce qu’apporte Ta détermination, je Te prie de disposer de moi comme un père doit disposer de ses enfants ! Me voici, Seigneur, pour T’écouter et T’obéir candidement ! ».

    « Que Ton Nom soit sanctifié ! ».

    Ceci est l’assurance de l’âme en prière de prendre au sérieux tout ce qu’elle ose dire à Dieu. Qu’avec une intuition profonde elle est en chacune des paroles et des pensées, et qu’elle n’abuse pas du Nom de Dieu lui est beaucoup trop sacré pour cela !

    Vous qui priez, songez au serment que vous faites ainsi ! Si vous voulez être tout à fait sincère envers vous-mêmes, vous devez alors reconnaître que vous, les humains, en ceci précisément, avez jusqu’alors menti à la face de Dieu ; car vous n’avez jamais prié avec sérieux que le Fils de Dieu déposa comme condition préalable dans ces paroles !

    « Que ton Règne arrive ! »

    N’est pas non plus une requête, mais seulement un autre serment ! C’est déclarer prêt à ce que, grâce à l’âme humaine, cela devienne sur la terre comme il est dans le Royaume de Dieu !

    C’est pourquoi la parole : « Que Ton Règne arrive ! » Ce qui veut dire : Nous, les humains, nous voulons ici sur terre agir de telle sorte que Ton Royaume parfait puisse aussi s’étendre jusqu’ici ! Le terrain doit être préparé par nous, pour que tout vive uniquement dans ta Sainte volonté, donc accomplisse entièrement Tes lois de la création, afin que cela soit tel qu’il en advient dans ton Royaume, le Royaume spirituel, où séjournent  les esprit mûrs et devenus libres de toute faute et de toute pesanteur, qui vivent uniquement la Volonté de Dieu en servant, parce que le bien ne peut naître que dans l’accomplissement absolu de cette Volonté grâce à la perfection qui repose. C’est donc la promesse de vouloir devenir tel  que, grâce à l’âme humaine, La terre elle aussi devienne un royaume de l’accomplissement de la Volonté de Dieu.

    Cette affirmation est encore renforcée par la phrase suivante :

     « Que ta Volonté soit faite sur la Terre comme au ciel ! »

    Ce n’est pas seulement se déclarer prêt à s’adapter entièrement à la volonté divine, mais ici repose également la promesse de se soucier de cette volonté d’aspirer avec zèle à reconnaitre cette volonté. Cette aspiration doit en effet précéder l’adaptation à cette volonté ; car tant que l’être humain ne la connaît pas réellement, il ne peut non plus s’y conformer en toute son intuition, sa pensée, ses paroles et ses actes !

     Quelle insouciance monstrueuse et coupable de la part de chaque être humain de donner à son Dieu ces promesse de façon réitérée, tandis qu’en réalité il ne se soucie nullement de savoir quel est le genre de la volonté de Dieu qui repose fermement ancrée dans la création. L’être humain ment à chaque mot de la prière lorsqu’il ose la prononcer ! Ainsi se tient-il comme un hypocrite devant Dieu ! Il accumule constamment de nouvelles fautes sur les anciennes et pour finir il se sent digne de pitié lorsque, dans la matière-subtile de l’au-delà, il doit s’effondrer sous ce fardeau.

    C’est seulement lorsqu’une âme a réellement accompli ces phrases au préalable quelle peut poursuivre.

    « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ! »

    Ce qui veut dire : « Quand j’aurai accompli ce que j’ai promis d’être, alors laisse reposer Ta bénédiction sur mon activité terrestre, en sorte que dans la conduite de mes obligations matérielles je garde toujours le temps de pouvoir vivre selon Ta volonté ! »

    « Et pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ! ».

    Ici repose la connaissance de l’incorruptible et juste répercussion des lois spirituelles qui reflètent  la Volonté de Dieu. En même temps aussi l’expression de l’assurance d’une confiance totale en ces lois ; car la requête du pardon, donc le rachat de la faute, s’édifie sous la condition de l’accomplissement préalable par l’âme humaine du pardon personnel de tous les torts que son prochain lui a faits.

    Mais celui qui est capable de  cela, celui qui a déjà tout pardonné à son prochain, a un tel degré de pureté intérieure que lui-même ne causera jamais de tort intentionnellement ! Ainsi est-il devant Dieu libre de toute faute, car là-haut  seul est considéré comme un tort tout ce qui est fait intentionnellement  avec la volonté de nuire. C’est ainsi seulement que cela devient un tort. Il y a ici une grande différence avec toutes les lois humaines et les conceptions terrestre existant actuellement.

    Donc à la base de cette phrase, il y a de nouveau une promesse de chaque âme aspirant à la lumière vis-à-vis de son Dieu. C’est l’explication de son véritable vouloir l’accomplissement duquel elle espère obtenir la force dans la prière, grâce au recueillement et à la connaissance d’elle-même ; lors de son engagement authentique elle obtiendra aussi cette force selon la loi de cause à effet.

    « Et nous laisse pas entrer en tentation ! »

    Cela veut dire : « Ne nous laisse pas emprunter de fausse voies, chercher de façon erronée, ne nous laisse pas perdre notre temps à le passer dans l’inaction, le gaspiller ! Mais préserve – nous en violemment s’il le faut, même si une telle nécessité doit nous atteindre dans la peine et la douleur ».

    L’être humain doit certainement percevoir ce sens par le nombre de phrase qui s’y rattache et qui, d’après la teneur, en fait directement partie.

    « Mais délivre du mal ! »

    Le « mais » montre assez clairement l’interdépendance. Le sens est identique à : « Laisse-nous reconnaître le mal à tout prix pour nous, même au prix de la souffrance. Grâce à tes répercussions rends-nous en capables lors de chaque manquement ». Dans le fait de reconnaître, repose aussi la délivrance pour ceux qui sont de bonne volonté !

    Doxologie :

    « Car c’est à Toi qu’appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire aux siècles des siècles. Amen ».

    C’est une exultante profession de foi dans le sentiment d’être en sécurité dans toute puissance de Dieu lors de l’accomplissement de tout ce que l’âme dépose à ses pieds dans la prière comme serment !

    Ainsi le Notre père, lorsqu’il est réellement vécu, est le soutien et la perche pour l’ascension dans le Royaume spirituel !

    L’être humain ne doit pas oublier que dans une prière il n’a en fait qu’à chercher la force pour réaliser lui-même ce qu’il demande ! C’est ainsi qu’il doit prier ! Et ainsi également est formulée la prière que le Fils de Dieu donna à ses disciples !

    Bibliographie :

    Mensuel « Médiatrice et reine » octobre 2017

    ABD-RU-SHIN les dix commandements de Dieu, le Notre père

    Edition du Graal

    Mise en page par le Frère André B.


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  • « NOTRE PÈRE »

    Quatrième analyse

    Analyse du pape Benoît XVI

     * 07 4 - Analyse du "Notre Père"

    Paternité divine

    Nous commençons en nous adressant au Père.

    Dans son interprétation du Notre Père, Reinhold Schneider écrit : « Le Notre Père commence en nous apportant une grande consolation ; nous pouvons dire Père. Ce mot contient toute l'histoire de la Rédemption. Nous pouvons dire Père, car le Fils était notre frère et nous a révélé le Père ; parce que, par l'action du Christ, nous sommes redevenus des enfants de Dieu ». Pour l'homme d'aujourd'hui cependant, la grande consolation contenue dans le mot « père » n'est pas aussi évidente, car l'expérience du père, souligne Benoît XVI, est souvent soit totalement absente soit obscurcie par la défaillance des pères.

    Schneider, Das Vaterunser, p. 10

    Ainsi, nous devons avant tout apprendre à partir de Jésus ce que « père » signifie précisément.

    Quand Jésus parle, le père apparaît comme la source de tout bien, comme le critère de l'homme devenu juste (« parfait ») : « Eh bien, moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mt 5, 44). L'amour qui va « jusqu'au bout » (Jn 13, 1), que le Seigneur a accompli sur la croix en priant pour ses ennemis, nous montre la nature du Père. Il est cet Amour. Parce que Jésus accomplit cet amour, il est entièrement « Fils », et il nous invite - à partir de ce critère - à devenir à notre tour des « fils ».

    Regardons maintenant un autre texte. Le Seigneur rappelle qu'aux enfants qui demandent du pain, les pères ne donnent pas une pierre, et il continue en disant : « Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent » (Mt 7, 11). Luc spécifie le « bien » que donne le Père, en disant : « ...combien plus le Père céleste donnera-t-il l'Esprit-Saint à ceux qui le lui demandent » (Lc 11, 13).

    Cela veut dire que le don de Dieu est Dieu lui-même, le « bien » qu'il nous donne, c'est lui-même. Ce passage manifeste de façon surprenante de quoi il s'agit dans la prière. Il ne s'agit pas de ceci ou de cela, il importe seulement que Dieu veuille vraiment se donner à nous : tel est le don de tous les dons, « la seule chose nécessaire » (cf. Lc 10, 42). La prière est un chemin qui nous conduit progressivement à purifier nos désirs, à les corriger et à découvrir peu à peu ce qui nous fait vraiment défaut : Dieu et son Esprit.

    Quand le Seigneur enseigne qu'il faut découvrir la nature de Dieu le Père à partir de l'amour des ennemis et qu'il faut y trouver sa « perfection » afin de devenir soi-même « fils », alors la relation entre le Père et le Fils est évidente. Il est dès lors manifeste que, dans le reflet de la figure de Jésus, nous découvrons qui est Dieu et comment il est : Par le Fils, nous trouvons le Père. « Celui qui m'a vu, a vu le Père », dit Jésus lors de la Cène à Philippe, qui avait demandé : montre-nous le Père (Jn 14, 8-9). Seigneur, montre-nous le Père, répétons-nous sans cesse à Jésus, et la réponse est encore et toujours le Fils. Par lui, et seulement par lui, nous apprenons à connaître le Père. Ainsi se révèlent la mesure et le modèle de la vraie paternité. Le Notre Père ne projette pas une image humaine sur le ciel, mais il nous montre à partir du ciel – à partir de Jésus – comment nous devrions et comment nous pouvons devenir des hommes.

    Cependant, en y regardant de plus près, nous pouvons maintenant constater que, d'après le message de Jésus, la paternité de Dieu comporte deux dimensions. Tout d'abord, Dieu est notre Père en tant qu'il est notre Créateur. Parce qu'il nous a créés, nous lui appartenons. L'être en tant que tel vient de lui, il est donc bon et il est participation de Dieu. Cela vaut tout particulièrement pour l'homme. Le verset 15 du Psaume 33 [32] dit, dans sa traduction latine : « lui qui leur a modelé un même cœur est attentif à toutes leurs œuvres ». L'idée que Dieu a créé chaque individu fait partie de l'image de l'homme contenue dans la Bible. Chaque homme est individuellement et comme tel voulu par Dieu. Il connaît chacun personnellement. En ce sens, déjà en vertu de la création, l'être humain est de manière spéciale « fils » de Dieu, et Dieu est son véritable Père. Dire que l'homme est à l'image de Dieu est une autre manière d'exprimer cette idée.

    Pour finir, nous devons réfléchir sur le mot « notre ». Seul Jésus pouvait dire de plein droit « mon Père », car lui seul est vraiment le Fils unique de Dieu, de la même substance que le Père. Nous tous, par contre, devons dire « notre Père ». Seul le « nous » des disciples nous permet de nommer Dieu Père, car c'est uniquement à travers la communion avec Jésus-Christ que nous devenons vraiment « fils de Dieu ». Ainsi, ce mot « notre » nous interpelle : il exige que nous sortions de la clôture de notre « je ». Il exige que nous entrions dans la communauté des autres fils de Dieu. Il exige que nous nous départions de tout ce qui nous est propre et qui nous sépare des autres. Il exige de nous que nous acceptions autrui, les autres, et que nous leur ouvrions notre oreille et notre cœur. Avec le mot « notre », nous proclamons notre adhésion à l'Église vivante, dans laquelle le Seigneur voulait réunir sa nouvelle famille. Ainsi, le Notre Père est à la fois une prière très personnelle et pleinement ecclésiale. En disant le Notre Père, nous prions chacun de tout notre cœur, mais nous prions en même temps en communion avec la famille de Dieu, avec les vivants et les morts, avec les hommes de toutes conditions, de toutes les cultures et de toutes les races. Le Notre Père fait de nous une famille, au-delà de toutes les frontières.

    À partir du « notre », nous comprenons aussi le deuxième ajout : « qui es aux cieux ». Par ces mots, nous ne plaçons pas Dieu, le Père, sur un quelconque astre lointain, mais nous énonçons que nous, tout en ayant des pères terrestres différents, nous provenons cependant tous d'un seul Père, qui est la mesure et l'origine de toute paternité. « Frères, je tombe à genoux devant le Père, qui est la source de toute paternité au ciel et sur la terre » dit saint Paul (Ep 3, 14). Et en arrière-fond, nous entendons la parole du Seigneur : « Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux » (Mt23, 9).

    La paternité de Dieu est plus réelle que la paternité humaine, parce qu'en dernière instance nous tirons de lui notre être ; parce que, éternellement, il nous a pensés et voulus ; parce qu'il nous fait don de la vraie maison paternelle, celle qui est éternelle. Et si la paternité terrestre sépare, la paternité céleste réunit. Le mot ciel signifie donc cette autre dimension de la majesté de Dieu, dont nous venons tous et vers laquelle nous devons tous aller. La paternité « aux cieux » nous renvoie à ce « nous » plus grand qui dépasse toutes les frontières, qui abat toutes les murailles et qui crée la paix.

    Pape Benoît XVI

    Source :

    http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2905074_pater_2


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