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* Introduction

Introduction à l'étude des Dix Commandements

Le Profane, l'homme de la rue, est en droit de se demander :

  • Y a-t-il une « charte du bon comportement » ?
  • D’où nous viennent les règles qui régissent notre bon comportement en Occident ?

Qui n’a pas entendu parler des « Dix commandements » ? Pour certains, cela représente quelques lois juives. Pour les chrétiens et le peuple hébreu, ces commandements viennent de Dieu et ont été donnés à Moïse sur le mont Sinaï. 

Le but de la présente rubrique est de faire découvrir - avec la participation active de nos membres - la signification des dix premières lois fondamentales que Dieu a gravées lui-même sur des pierres puis données à Moïse.

Dans le cours de Pentateuque, le professeur Sylvain Tousignant, nous enseigne que les dix commandements, ou le décalogue, sont les 10 paroles de Dieu. C’est une loi écrite par Dieu lui-même.

Mais que sont réellement les dix commandements ? Tel est le but du présent parchemin introductif à cette rubrique.

Les 10 commandements sont divisés en deux groupes, les quatre premiers concernent notre relation avec Dieu et les six derniers nos relations avec notre prochain. D’ailleurs, aimer Dieu et aimer notre prochain est l’accomplissement de la loi. Cela résume les commandements de Dieu.

Tentative d'approche du contexte

Les Israélites sont arrivés au Mont Sinaï à peu près deux mois après avoir quitté l’Égypte.

L’Exode d'Israël hors d'Égypte (« la sortie d'Égypte ») est un récit biblique selon lequel les Hébreux, réduits en esclavage depuis des siècles par l’Égypte, s’en émancipent pour revenir, sous la conduite de Moïse et Aaron, dans le pays de Canaan et en prendre possession en vertu de la promesse divine faite à leurs ancêtres. La sortie d’Égypte et la longue traversée du désert qui y fait suite sont relatées dans les Livres de l’Exode, du Lévitique, des Nombres et du Deutéronome.

Ce récit est considéré comme l’un des événements fondateurs du judaïsme avec le don de la Torah sur le mont Sinaï, qui fonde sa foi en un Dieu personnel intervenant directement dans l’histoire, et est commémoré lors de la fête de Pessa'h.

Son historicité fait cependant l’objet de débats et critiques dans le milieu académique. Tel que le récit de l'Exode le présente, il ne correspond vraisemblablement pas à la description d'un événement historique. Selon l'historien Nadav Naaman, ce récit de l'Exode et de la conquête de Canaan constitue probablement une construction biblique littéraire et théologique qui évoque la perte du contrôle militaire égyptien en Canaan vécue comme une libération, la mémoire culturelle juive transférant cette situation par la mise en scène d'une sortie d'Égypte.

Rappelons-nous que le Sinaï est à la fois le nom d’une montagne et du désert qui l’entoure.

 * Introduction à l'étude des Dix Commandements

C’est au même endroit que Moïse, quelques années auparavant, alors qu’il était berger, avait vu Dieu se présenter à lui sous la forme d’un buisson ardent.

 * Introduction

Dieu a parlé à Moïse sur le Mont Sinaï : Dieu lui a dit que si les Israélites lui obéissaient, il ferait d’eux une nation à part et qu’ils auraient une relation privilégiée avec lui.
Seul Moïse a eu le droit d’aller au sommet de la montagne pour écouter les paroles de Dieu. Dieu lui a donné dix règles ou “commandements” qui devaient être respectées par le peuple pour qu’il reste proche de Dieu. Les quatre premiers commandements concernent notre relation avec Lui, les six suivants parlent de notre relation avec les autres.

Le livre de l’Exode raconte que le peuple d’Israël, une fois libéré de la servitude d’Égypte, marcha durant trois mois à travers le désert, avant d’arriver enfin au Sinaï. Là, Moïse gravit la montagne jusqu’au sommet. Alors, tandis que Dieu parlait avec Moïse sur la montagne, le tonnerre gronda, la terre trembla, les trompes sonnèrent et, dans le feu, Yahvé lui apparut et lui donna les commandements. Les gens auraient été terrorisés. Mais Dieu voulait que son peuple connaisse ses commandements pour qu’il puisse faire la différence entre le Bien et le Mal et pour qu’il reste proche de lui.

Consultons le texte : EXODE 20.2-8, 12-17

« Je suis le Seigneur ton Dieu. C'est moi qui t'ai fait sortir d'Égypte, où tu étais esclave.
Tu ne dois pas avoir d'autres dieux que moi. Ne fabrique pas de statues de dieux. Ne représente pas ce qu'il y a là-haut dans le ciel, en bas sur la terre, ou dans l'eau sous la terre. Ne te mets pas à genoux devant ces dieux, ne les adore pas. En effet, le SEIGNEUR ton Dieu, c'est moi, et je suis un Dieu exigeant. Je punis la faute de ceux qui me détestent. Je punis aussi leurs enfants, jusqu'à la troisième ou la quatrième génération. Mais je montre ma bonté pendant des milliers de générations à ceux qui m'aiment et qui obéissent à mes commandements.
Ne te sers pas de mon nom n'importe comment. Moi, le Seigneur, ton Dieu, je déclare coupable celui qui se sert de mon nom n'importe comment.
N'oublie pas de me réserver le jour du sabbat.
Respecte ton père et ta mère. Ainsi tu vivras longtemps dans le pays que moi, le Seigneur, je te donne.
Ne tue personne. Ne commets pas d'adultère. Ne vole pas. Ne témoigne pas faussement contre ton prochain. Ne désire pas pour toi la maison de ton prochain. N'aie pas envie de prendre sa femme, ni son esclave, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne. Ne désire rien de ce qui est à lui. »

Tentons de mieux mettre en évidence les dix commandements de Dieu !

 * Introduction

Quels sont les Dix Commandements ? 

Les Dix Commandements sont dix lois bibliques que Dieu a données à la nation d’Israël peu après leur sortie d’Égypte. Les Dix Commandements sont essentiellement un résumé des 613 commandements que contient la Loi de l’Ancien Testament.

Les Dix Commandements se trouvent dans la Bible, en Exode 20.1-17 et Deutéronome 5.6-21. Les voici :

(1) « Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi. » Ce commandement interdit l’adoration d’autres dieux que le seul vrai Dieu. Tous les autres dieux sont de faux dieux.

(2) « Tu ne te feras pas de sculpture sacrée ni de représentation de ce qui est en haut dans le ciel, en bas sur la terre et dans l’eau plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras pas devant elles et tu ne les serviras pas, car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux. Je punis la faute des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me détestent, et j’agis avec bonté jusqu’à 1000 générations envers ceux qui m’aiment et qui respectent mes commandements. » Ce commandement interdit les idoles, représentations visibles de Dieu. Aucune image que nous puissions produire ne représente Dieu correctement. Faire une idole qui représente Dieu revient à adorer un faux dieu.

(3) « Tu n’utiliseras pas le nom de l’Éternel, ton Dieu, à la légère, car l’Éternel ne laissera pas impuni celui qui utilisera son nom à la légère. » Ce commandement interdit d’utiliser le nom de Dieu à la légère. Nous ne devons pas utiliser le nom de Dieu à la légère, mais le respecter en mentionnant son nom avec respect et honneur.

(4) « Souviens-toi de faire du jour du repos un jour saint. Pendant 6 jours, tu travailleras et tu feras tout ce que tu dois faire. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun travail, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton esclave, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui habite chez toi. En effet, en 6 jours l’Éternel a fait les cieux, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve, et il s’est reposé le septième jour. Voilà pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et en a fait un jour saint. » Ce commandement met à part le jour du Sabbat (le samedi, le dernier jour de la semaine) comme un jour de repos dédié au Seigneur.

(5) « Honore ton père et ta mère afin de vivre longtemps dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne. » Ce commandement nous dit de toujours traiter nos parents avec honneur et respect.

(6) « Tu ne commettras pas de meurtre. » Ce commandement interdit le meurtre prémédité d’un autre être humain.

(7) « Tu ne commettras pas d’adultère. » Ce commandement interdit les rapports sexuels avec qui que ce soit d’autre que son conjoint.

(8) « Tu ne commettras pas de vol. » Ce commandement interdit de prendre ce qui ne nous appartient pas sans la permission de son propriétaire.

(9) « Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. » Ce commandement interdit les faux témoignages contre quelqu’un. Il s’agit tout simplement d’une condamnation du mensonge.

(10) « Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son esclave, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni quoi que ce soit qui lui appartienne. » Ce commandement interdit de désirer ce qui ne nous appartient pas. La convoitise mène à la violation des commandements précédents : meurtre, adultère et vol. Si c’est mal de faire quelque chose, c’est mal aussi de le vouloir.

Beaucoup de personnes se trompent en considérant les Dix Commandements comme un ensemble de règles qui nous garantissent l’entrée au ciel après notre mort si nous les respectons. Au contraire, leur but est de nous faire prendre conscience que nous ne pouvons pas y obéir parfaitement (Romains 7.7-11) et avons donc besoin de la miséricorde et de la grâce de Dieu. Contrairement à ce que dit le jeune homme riche en Matthieu 19.16, personne ne peut obéir parfaitement aux Dix Commandements (Ecclésiaste 7.20). Les Dix Commandements nous montrent que nous avons tous péché (Romains 3.23) et avons donc besoin de la miséricorde et de la grâce de Dieu, qui n’est disponible que par la foi en Jésus-Christ.

Combien y a-t-il de versions des dix commandements ?

Dans l’ancien testament version hébraïque, le Décalogue originel se décline ainsi.
  1° Je suis l’éternel ton dieu.
  2° Tu n’auras pas d’autres dieux que moi et donc, tu ne feras pas de sculpture à l’image de ce qui est dans le ciel, sur la terre ou sur les eaux, et tu ne te prosterneras pas devant elles, car je suis un dieu jaloux.
  3° Tu ne prononceras pas le nom de ton dieu à l’appui du mensonge.
  4° Observe le jour du shabbat, pour le sanctifier.
  5° Honore ton père et ta mère.
  6° Tu ne tueras point.
  7° Tu ne commettras point l’adultère.
  8° Tu ne voleras point.
  9° Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
10° Tu ne convoiteras pas la femme, la maison, le champ, le serviteur, la servante, le bœuf, l’âne, bref : rien de ce qui appartient à ton prochain.

Il existe une seconde version des dix commandements, un peu différente sur la forme, mais pas sur le fond, celle de l’église réformée et de l’église grecque orthodoxe.  

Les protestants reprochent souvent à l’Église catholique d’avoir modifié les dix commandements. Ils font remarquer que, dans la Bible (Ex 20,4), le 2ème commandement dit : « Tu ne feras aucune image sculptée, rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux là-haut, ou sur la terre ici-bas, ou dans les eaux au-dessous de la terre ». Ce texte, prétendent-ils, les catholiques l’ont laissé de côté. C’est vrai. Du moins, dans une certaine mesure.

Mais alors, l’Église aurait-elle autorité pour changer les commandements ? Afin d’éclairer cette question, il serait nécessaire d’étudier l’histoire de ces commandements.

Quelle est l’origine de nos dix commandements ?

La troisième version, celle du catéchisme de l’église catholique, est plus singulière, car un des commandements originels a disparu. C’est le second, qui dit « tu ne feras pas d’images gravées ». C’est dérangeant évidemment car le catéchisme de l’église catholique pose a priori que « Le Décalogue forme un tout indissociable... Transgresser un commandement, c’est enfreindre tous les autres ».

Lorsque le judaïsme, première religion monothéiste, apparaît, la plupart des peuples adorent des idoles. Le second commandement, qui interdit la fabrication des images, est destiné à différencier radicalement ce monothéisme des religions idolâtres. Après l’apparition du christianisme, en revanche, le problème est différent. Aux premiers siècles de l’Église, il faut attirer de nouveaux fidèles à la jeune religion. Mais le second commandement est gênant. En le supprimant on autorise la réalisation d’images qui vont représenter Jésus, la Vierge, et bien d’autres figures importantes du christianisme. On fait alors sauter le second commandement, pour cette version spéciale. Et cela fait monter tous les commandements suivants d’un cran : ce qui explique que « Tu ne tueras point », qui est le numéro 6 pour les Juifs, soit devenu le numéro 5 pour les Catholiques.

Seulement, cela pose problème, parce que, du coup, il n'y en a plus que neuf. Qu’à cela ne tienne ! Les pères de l’Église ont décidé de dédoubler le dernier : « tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni la maison, ni l’âne de ton prochain, etc. » et en ont fait deux : le nouveau 9ème commandement : « tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain » ; et le 10ème : « tu ne convoiteras pas les biens de ton prochain ».

Le décalogue hébraïque parlait de sauvegarde du patrimoine : « tu ne commettras point l’adultère » cela voulait dire « Tu n’iras pas faire d’enfant à la femme d’un autre ». Rappelons qu’originellement, les Hébreux étaient polygames et que les femmes étaient assimilées à des biens !

Le christianisme des premiers siècles lui, s’est bricolé un Décalogue contenant non pas un, mais deux commandements sur lesquels l’Église a élaboré sa doctrine de la fidélité conjugale et sexuelle. Nous pouvons judicieusement nous demander si l’objectif, à l’époque, était vraiment de libérer la femme...

Dans d’anciennes versions de la Bible, les commandements correspondent à la liste originelle. Certes, les traductions contemporaines de la Bible ont rétabli l’ordre et le contenu des commandements. Mais voici la liste des dix commandements telle que l’enseigne aujourd’hui le catéchisme de l’église catholique. Et son intitulé est très intéressant, jugez-en :

1. Je suis le Seigneur, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude. Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. Tu ne te feras aucune image sculptée, rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux là-haut, ou sur la terre ici-bas, ou dans les eaux en dessous de la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces images ni ne les serviras (Ex 20, 2-5 ; cf. Dt 5, 6-9).

2. Tu ne prononceras pas le nom du Seigneur ton Dieu à faux (Ex 20, 7 ; Dt 5, 11).

3. Souviens-toi du jour du Sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est un sabbat pour le Seigneur ton Dieu. Tu n’y feras aucun ouvrage (Ex 20, 8-10 ; cf. Dt 5, 12-15).

4. Honore ton père et ta mère afin d’avoir longue vie sur la terre que le Seigneur ton Dieu te donne (Ex 20, 12).

5. Tu ne commettras pas de meurtre (Ex 20, 13).

6. Tu ne commettras pas d’adultère (Ex 20, 14 ; Dt 5, 17).

7. Tu ne commettras pas de vol (Ex 20, 15 ; Dt 5, 19).

8. Tu ne témoigneras pas faussement contre ton prochain.(Ex 20, 16).

9. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, rien de ce qui est à ton prochain (Ex 20, 17).

10. Tu ne convoiteras ... rien de ce qui est à ton prochain (Ex 20, 17). Tu ne désireras ni sa maison, ni son champ, ni son serviteur ou sa servante, ni son bœuf ou son âne : rien de ce qui est à lui (Dt 5, 21).

On constate que, d’après le catéchisme de l’Eglise Catholique, les deux derniers commandements disent... exactement la même chose ! Manifestement, pour les rédacteurs de ce catéchisme moderne, la convoitise est un péché si grave qu’elle mérite d’être condamnée deux fois...

La Bible dit clairement que les commandements sont au nombre de 10 (Dt 4,13 ; 10,4). Mais ici surgit une première difficulté : lorsque nous faisons nous-mêmes le compte de ces commandements, nous constatons qu’il n’y en a pas 10 mais 12 (Ex 20,3-17). Les voici :

Les douze commandements

1. Tu n’auras pas d’autres dieux que moi (v.3)
2. Tu ne feras aucune image sculptée (v.4)
3. Tu ne te prosterneras pas devant ces images ni ne leur rendras un culte (v.5)
4. Tu ne prononceras pas à faux le nom de Yahvé, ton Dieu (v.7)
5. Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier (v.8)
6. Honore ton père et ta mère (v.12)
7. Tu ne tueras pas (v.13)
8. Tu ne commettras pas d’adultère (v.14)
9. Tu ne voleras pas (v.15)
10. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain (v.16)
11. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain (v.17,a)
12. Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain (v.17,b)

A la recherche des dix Commandements

Rappelons que, selon la Bible, les dix commandements ont été gravés sur la pierre par Dieu lui-même et donnés à Moïse sur le mont Horeb, au désert du Sinaï. Ils sont rapportés dans l’Ancien Testament. Ils sont répétés à plusieurs endroits, notamment dans le livre du Deutéronome ch.5 v.7 à 21 (traduction « Semeur ») :

1. Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi.

2. Tu ne te feras pas d’idole représentant quoi que ce soit de ce qui se trouve en haut dans le ciel, en bas sur la terre ou dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras pas devant de telles idoles et tu ne leur rendras pas de culte, car moi, l’Éternel, je suis un Dieu qui ne tolère aucun rival : je punis les fils pour la faute de leur père jusqu’à la troisième et même la quatrième génération de ceux qui me haïssent, mais j’agis avec amour, jusqu’à la millième génération, envers ceux qui m’aiment et qui obéissent à mes commandements.

3. Tu n’utiliseras pas le nom de l’Éternel ton Dieu pour tromper, car l’Éternel ne laisse pas impuni celui qui utilise son nom pour tromper.

4. Observe le jour du sabbat et fais-en un jour consacré à l’Éternel, comme l’Éternel ton Dieu te l’a commandé. Tu travailleras pendant six jours et tu feras tout ce que tu as à faire. Mais le septième jour est le jour du repos consacré à l’Éternel ton Dieu ; tu ne feras aucun travail ce jour-là, ni ton ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni tout ton bétail, ni l’étranger qui réside chez toi. Tu te souviendras que tu as été esclave en Egypte et que l’Éternel ton Dieu t’a demandé d’observer le jour du sabbat.

5. Honore ton père et ta mère, comme l’Éternel ton Dieu te l’a ordonné, afin de jouir d’une longue vie et de vivre heureux dans le pays que l’Éternel ton Dieu te donne.

6. Tu ne commettras pas de meurtre.

7. Tu ne commettras pas d’adultère.

8. Tu ne commettras pas de vol.

9. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.

10. Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui lui appartient.

Si la Bible affirme qu’il y a 10 commandements, comment les compter pour arriver à ce nombre ? De longue date, juifs et chrétiens ont débattu ce problème et proposé diverses manières de le résoudre. Les premières tentatives furent celles du juif Philon d’Alexandrie et de l’historien Flavius Josèphe, tous deux du premier siècle ap. J.-C. Selon eux, le 1er commandement est celui qui prescrit de n’avoir qu’un seul Dieu (v.3). Le 2ème défend de fabriquer des images et de se prosterner devant elles (v.4-5). Le 3ème interdit de prendre le nom de Dieu en vain (v.7). Le 4ème ordonne de sanctifier le jour du Seigneur (v.8). Du 5ème au 9ème, les commandements sont énumérés dans l’ordre où la Bible les situe (v.13-16). Le 10ème serait exprimé par le v.17 tout entier, où il est défendu de désirer la femme du prochain et de convoiter les biens d’autrui.

Cette classification distingue 4 commandements relatifs à Dieu et 6 relatifs au prochain. Elle fut acceptée par plusieurs écrivains anciens, tels Origène, Tertullien et Saint Grégoire de Nazianze. Elle est aussi celle qu’adoptent actuellement les protestants luthériens, calvinistes et anglicans.

La proposition juive

Le judaïsme officiel récusa la classification de Philon et de Flavius Josèphe. Quand les rabbins rédigèrent le Talmud, leur livre sacré, ils proposèrent une autre façon de répartir les commandements. Ils considérèrent le v.2 comme étant le 1er commandement, alors qu’en fait il constitue simplement le prologue ou la présentation du Décalogue : « Moi, Yahvé, je suis ton Dieu, qui t’ai retiré du pays d’Égypte, de la maison de servitude ». Pour formuler le 2ème, ils regroupèrent les trois suivants, à savoir ceux qui défendent d’avoir d’autres dieux, de fabriquer des images et de se prosterner devant elles (v.3-5). Le 3ème serait celui qui interdit de prononcer à faux le nom de Dieu, et le 10ème ramène à une seule la défense de désirer la femme du prochain et celle de convoiter les biens d’autrui.

Tous les juifs adoptèrent cette seconde classification, où l’on trouve, comme dans la première, 4 commandements relatifs à Dieu et 6 relatifs aux hommes.

La proposition chrétienne

Mais au 5ème siècle, saint Augustin, un des plus grands Docteurs de l’Église, a proposé une troisième classification des commandements. Comme les rabbins du Talmud, il affirme que les préceptes défendant d’avoir d’autres dieux, de fabriquer des images et de se prosterner devant elles, constituent en réalité un seul commandement, exprimé de manières différentes, mais avec référence au même but : éviter l’idolâtrie ou le culte des faux dieux. Cela étant, il estime que les trois préceptes (v.2-6) doivent être réunis, pour former un seul commandement. Toutefois, ce commandement ne sera pas le 2ème, comme l’entendaient les rabbins, mais le 1er.

En conséquence, pour saint Augustin, le 2ème commandement est le suivant de la liste, à savoir celui qui interdit de prononcer le nom de Dieu en vain, et le 3ème est celui qui exige de sanctifier les fêtes. Seulement, comme il a regroupé en un seul les trois premiers commandements, il se trouve qu’il lui en manque un pour compléter la liste des 10. Alors, il dédouble le 9ème commandement du v.17, dont il fait deux commandements distincts : le 9ème, qui défend de convoiter la femme du prochain et le 10ème qui concerne les autres biens du prochain. Augustin fut le premier à distinguer ces deux commandements dans le verset 17.

La nouvelle classification ainsi opérée ne reconnaît que 3 commandements relatifs à Dieu, tandis que les 7 autres sont relatifs au prochain. Saint Augustin voit en cela une raison de convenance, une manière d’évoquer plus clairement la Très Sainte Trinité, moyennant les trois premiers commandements.

Presque tous les théologiens chrétiens et les médiévistes adoptèrent cette troisième classification, qui s’imposa ensuite dans toute l’Église catholique, pour apprendre le catéchisme.

A partir du 16ème siècle, quand les catéchismes commencèrent à se répandre, on entrevit la nécessité de fixer les 10 commandements dans la mémoire des gens, afin de faciliter l’examen de conscience préparatoire à la confession et de donner un stimulant à la vie spirituelle. Cependant, tels qu’ils étaient rédigés, ces commandements paraissaient quelque peu surannés, vu qu’ils se référaient à une époque où les Israélites observaient encore une morale primitive. Il n’y était pas tenu compte du progrès apporté à la révélation par la vie et les enseignements de Jésus.

Ainsi, par exemple, le Décalogue faisait mention d’autres dieux, parce qu’en ce temps-là, les Israélites croyaient qu’il existait réellement d’autres divinités pour les autres peuples. Mais nous savons aujourd’hui qu’il n’y a qu’un Dieu pour toutes les religions. Il prohibait les images, alors que, dans le Nouveau Testament (Col 1,14), le Christ est présenté comme l’image du Dieu invisible et qu’il est donc permis aux chrétiens de se servir d’images pour exprimer leur foi. Il ordonnait de sanctifier le sabbat, tandis que les chrétiens célébraient le dimanche, considéré par eux comme le jour du salut, suite à la victoire remportée par le Christ sur la mort.

L’Église résolut donc d’élaborer un nouveau Décalogue pour le catéchisme, c’est-à-dire un Décalogue amélioré, grâce au perfectionnement apporté par le Christ à l’Ancien Testament. Elle avait déjà agi dans le même sens, en excluant de la vie chrétienne les sacrifices d’animaux, prescrits par l’Ancienne Loi, l’égorgement de brebis, la crémation de taurillons et la sanglante immolation d’agneaux, qui avaient lieu chaque jour au Temple.

Des commandements pour des chrétiens

Dans la nouvelle liste, le 1er commandement ne fit plus mention d’autres dieux et fut formulé d’une manière positive et plus parfaite : "Aimer Dieu par-dessus toutes choses".

Le 2ème commandement, concernant les images, fut supprimé ; du reste, il allait dans le même sens que le précédent, vu qu’il visait à détourner du culte des idoles substituées à Dieu. Sa place fut remplacée par le commandement suivant, qui défend de prononcer à faux le nom de Dieu.

Dans le 3ème commandement, relatif à l’obligation de sanctifier un jour de la semaine en mémoire du Seigneur, on se borna à modifier le jour. Le sabbat fut remplacé par le dimanche, qui évoquait la résurrection du Christ.

Le 6ème commandement réprouvait l’adultère, c’est-à-dire les relations avec une femme mariée : mais il ne formulait aucune défense concernant l’union avec une femme libre. L’Église lui donna une formulation plus profonde et plus exigeante, qui proscrivait la « fornication » ou, en d’autres termes, les relations avec n’importe quelle femme autre que l’épouse légitime.

Le 7ème commandement, « tu ne voleras pas », qui, dans la langue hébraïque, se réfère à la prise de possession d’une personne, revêtit un sens plus générique (« tu ne déroberas pas »), incluant toute espèce d’appropriation.

Le 8ème commandement ne faisait mention que du faux témoignage donné en présence de juges. On y ajouta la défense de «mentir», pour l’adapter à toutes les autres circonstances de la vie.

Enfin le 10ème commandement, qui interdisait de convoiter la femme du prochain et les autres biens appartenant à ce dernier, fut dédoublé comme suit : le 9ème, se référant exclusivement à la femme et le 10ème ayant trait aux autres biens du prochain.
C’est ainsi que l’Église remania et actualisa la liste des 10 commandements, afin de mettre ceux-ci au niveau de la nouvelle morale, la morale chrétienne.

Extrait de La terre sainte - revue bimestrielle des lieux saints, 01. 02. 1999

A la suite de cette introduction rédigée à partir des recherches effectuées et mises en page par votre serviteur, il appartient à nos Frères Novices et Écuyers - en priorité - de développer leur interprétation de chacun des dix Commandements de Dieu et de méditer quant à leur application au quotidien. Les Chevaliers et Dames du Temple auront l'occasion de donner leur avis en séminaire ou en Chapitre.

Frère André B. - G.C.P.

Références :

https://www.topchretien.com/topmessages/texte/les-dix-commandements/

http://www.legranddefi.net/defis/le-peuple-de-dieu/les-dix-commandements-21.html

https://www.gotquestions.org/Francais/Dix-Commandements.html

http://www.intratext.com/X/FRA0013.HTM

https://martinwinckler.com/spip.php?article513

http://servus.christusrex.org/www1/ofm/mag/TSmgfrB2.html

http://www.atoi2voir.com/spiritualite/bible-et-evangiles/dossier-comprendre-la-bible/1785-les-10-commandements-dans-la-bible/

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